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La Perte et les Trois Psychés
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MessageSujet: La Perte et les Trois Psychés Lun 12 Sep - 6:56
Trois miroirs l’attendaient dans la brume du sommeil. C’étaient de grandes psychés au châssis en fonte brute, sans ornement et sans défaut, suspendus dans la noirceur. Assise au bord de son lit, Tess fit face au miroir central, ses yeux pesants, leur lueur bleue tamisée par la fatigue. Elle n’y voyait pas son visage, seulement le dos d’une silhouette qui elle-même faisait face à son propre miroir… la même image récursive, se propageant vers l’infini. Elle croyait voir cette œuvre de Friedrich, dans laquelle un voyageur contemple les nuées et les crêtes d’un massif. Cependant, il n’y avait plus d’équivoque, plus d’inconnu ou de réflexion romantique : quelqu’un avait excisé les brumes par coup de scalpel à même la toile, révélant au voyageur un mur de brique et la grande illusion de son existence.

Au-delà de sa propre toile, Tess voyait un futur intransigeant. Chaque reflet s’éloignait d’elle, mais la silhouette était inchangeable. Ses cheveux en bataille, l’affalement de ses épaules, le moignon solitaire à sa gauche… elle témoignait d’une marche funèbre sans fin. Sa vie ne comportait qu’une seule image, recopiée sur chaque page d’un folioscope des plus pénibles. Malgré tout, elle n’en détachait pas ses yeux, ne voulait pas regarder autre part. Deux autres miroirs flottaient à la périphérie de sa vision, et leur présence la terrorisait.

« Réveille-toi, » murmura-t-elle dans ce silence de jais, sa voix trémulant avec chaque mot du mantra protecteur. « Réveille-toi, réveille-toi, réveille-toi, je t’en prie, réveille-toi… »

Mais avec chaque répétition, elle ressentait les miroirs se rapprocher. À sa gauche, une lumière pourpre s’intensifiait, remuant les tisons d’une vieille douleur. À sa droite, un souffle de froidure et les gémissements d’un chœur.  Terrifiée, elle leva sa main droite comme bouclier, et aperçut dans son poing un stylo à plume. Sans y penser, elle le brandit haut telle une dague… puis le plongea dans le cœur.

MER 27/04/2016 03 : 37 AM

Les caractères écarlates brillaient dans la nuit, reflétés dans ses yeux grands ouverts et injectés de sang. Elle se tenait immobile sous sa couverture, sauf pour un léger tremblement. Ses ongles percèrent la peau de ce qui lui restait du bras gauche jusqu’à ce que ses plaies perlent. Petit à petit, la douleur ardente s’atténua.  

« Tess… » La voix de Luchta n’était qu’un susurrement presque inaperçu. Goibniu et Credne restèrent silencieux, ne sachant plus quoi dire. Tous les soirs, elle faisait le même cauchemar. Parfois, elle parvenait à s’en échapper par force, mais chaque tentative ne faisait que la brûler plus vite. Durant la semaine depuis sa possession, elle n’avait réellement dormi que seize heures.  

« Ça va et ça vient en vagues, » elle leur rassura, se levant lentement du lit. « Ça passera dans une semaine ou deux. » Complètement éveillée, elle se dirigea vers la salle de bain commune de son étage. Rendue là, elle se brossa les dents machinalement, un grand vide blanc dans ses pensées. Après avoir terminé, elle se regarda dans le miroir. Les poches de ses yeux étaient noires et enflées, mais elle était aveugle à son apparence.

En fait, elle ne voyait que son propre dos.

Lentement, Tess s’accroupit. Elle enveloppa ses genoux de son bras droit, se serrant si fort contre ses jambes qu’elle ne pouvait plus respirer.

***

En après-midi, le corps de Tess navigua les couloirs du lycée jusqu’à la salle du cours d’anglais avancé.  Elle prit son siège près des fenêtres, et sans dire un mot, produisit calepins, stylos et livres de lecture obligatoire de sa bandoulière en toile.

La dernière semaine était dédiée à l’étude de la poésie, entre autres des poètes classiques tels que Frost, Yeats, Dickinson et Tennyson, alors que celle-ci couvrira des poètes plus contemporains. Les élèves s’étaient identifiés dans les écrits d’Eduardo C. Corral, qui questionne les thèmes de l’amour et la sexualité dans la poésie largement hétérosexiste.  Plusieurs ont aussi beaucoup apprécié les poèmes de Joy Harjo et de Hollie McNish, dont les poèmes éveillent une sensibilité au sexisme, au racisme et à l’inégalité, non pas par des propos choquants mais par la création de liens empathiques et l’exorcisme de l’ignorance.

Pour Tess, le poème qui lui a été le plus marquant était « She Had Some Horses » de Harjo, dont un passage spécifique qui retentissait encore aujourd’hui dans les ruines de son esprit.

She had horses who whispered in the dark, who were afraid to speak.
She had horses who screamed out of fear of the silence, who carried knives to protect themselves from ghosts.
She had horses who waited for destruction.
She had horses who waited for resurrection.

Une heure avant la fin du cours, le professeur leur donna la tâche d’écrire un poème basé sur les formes poétiques et les figures de styles que les étudiants devraient d’hors et déjà avoir maitrisés. « La teneur du poème comme son véhicule sont à votre choix, mais essayez de vous imposer une forme structurale ou métrique. Je suggère l’anaphore, l’anadiplose ou l’épistrophe pour commencer, mais les plus confiants peuvent se hasarder avec un poème abécédaire ! »

À moitié consciente, Tess regardait au travers du tableau, ses yeux fixés sur un vide à mille lieues d’ici.  Son manque de sommeil atteignait alors son paroxysme. L’inquiétude des divinités dans son esprit ne faisait qu’empirer : sans le réaliser, elle avait commencé à murmurer à voix basse. « Elle avait des chevaux... qui se prenaient pour le soleil... et dont les corps s'enflammaient comme des étoiles... elle avait des chevaux trop épris d'eux même, et leur valse nocturne dessinait des tourbillons autour de la lune... »

Divaguant entre deux mondes, Tess s'effaçait petit à petit. Confuse, les yeux en demi-lune, elle se répéta: « Réveille-toi, réveille-toi... »
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MessageSujet: Re: La Perte et les Trois Psychés Mer 21 Sep - 10:26
Comme à son habitude, Lawrence s’était levé tôt, ou plutôt, ne s’était pas couché de la nuit. En effet, encore une fois Hypnos l’en avait empêché involontairement, ce dernier étant surstimulé par ce qu’il avait observé dans le film d’horreur que son possédé avait regardé la veille. Il avait en fait un tas de question et de commentaires sur le sujet et considérait qu’il manquait un aspect dramatique important à cette tragédie et surtout, de la profondeur aux personnages. Ce que Lawrence lui accordait volontiers, mais lui demandait de faire un effort considérant Evil Dead comme un grand classique franchement ridicule, mais qui méritait un coup d’œil humoristique justement.

- C’est idiot! Ils n’ont clairement pas pu payer Charon. C’est pour cette raison qu’il faut les trois oboles pour le payer…Vos gens n’ont rien appris depuis l’Antiquité? Faites des rites funéraires comme il se doit et ils ne se lèveront pas vos morts! Tsss!


- Sinon, je crois que ce sont peut-être les pleureuses qui n’ont pas pleuré suffisamment. Ce genre de chose n’arriverait pas sinon! Révoltant!, avait ajouté Lawrence en riant de sa divinité qui s’expliquait mal que les morts ne se relèvent si ce n’était à cause de rituels funéraires bâclés.

- Tout à fait d’accord! Euh? Tu ris de moi?


- …PPPFFFOOUUIII! Ah ah ah! C’est une œuvre fictive, il n’y a rien à comprendre autre que le Necronomicron…Faut pas chercher plus loin ah ah! C’est du divertissement sans plus.

- Je sais bien que c’est fictif. J’ai le droit de donner mon opinion sur la solution à adopter non?

- Ah ah, oui d’accord! Demain on écoutera un autre genre de film d’horreur. Le genre qu’on pourra élaborer des théories moins débiles que pour ce film. Je vais t’initier au principe des films clichés dans lesquels on peut tenter de deviner dans quel ordre les gens mourront. Destination ultime devrait faire l’affaire…

- Demain? Pourquoi pas maintenant, ça semble marrant?


- Il est déjà minuit, j’ai cours demain!


- Tu te sens fatigué?

- …Naw… évidemment pas, mais ce ne serait pas sage.

À la grande déception de sa divinité, Lawrence avait tenté de s’endormir…. mais sans succès. Une heure après avoir s’être tourné et retourné, encore et encore dans son lit en fixant les quelques grues déjà fixées au futur mobile de la chambre, le rouquin n’arrivait toujours pas à trouver le sommeil. Drôle à dire quand celui-ci vit dans votre tête n’est-ce pas? Enfin, il s’était donc résigné à retourner chercher son portable.

- Second film…

- Yaha! Génial!


Ainsi donc passa la nuit, jusqu’au lendemain matin où aux premières lueurs du jour, Hypnos et Lawrence commencèrent à s’épuiser de leurs discussions sur le second long métrage. Ce dernier sentait à présent ses yeux se fermer, mais ses cours commençaient dans quelques heures et il craignait de ne pas de réveiller s’il se laisser tomber dans les bras du fils de son possesseur si on veut. Il avait donc décidé d’aller se laver, se vêtir, se préparer pour ses cours et retrouver le self avant de commencer une journée bien pénible. Toute la journée, Lawrence avait lutté contre le sommeil, consommant du thé noir en quantité, mais l’après-midi fut de trop lorsque le cours d’anglais s’annonça en être un sur la poésie anglaise. C’était du moins ce qui était à l’ordre du jour au tableau. Découragé, ce dernier prit tout de même place à l’arrière complètement, près des fenêtres, en espérant que la fraicheur de celles-ci le tienne éveillé. Fidèle à son habitude, il avait placé son cahier ouvert en face de lui, ses stylos et crayons à droite selon l’ordre de taille, l’efface en haut à droite, l’aiguisoir en haut à gauche, bouteille d’antibactériens dans sa poche de veston, bouteille d’eau près de l’aiguisoir. Encore une fois, il tailla toutes ses mines afin qu’elles soient toutes bien pointues et prêtes à utiliser équitablement pour conserver ses crayons à mine d’une taille similaire.

Enfin, Lawrence était prêt, selon lui, à endurer n’importe quoi maintenant qu’il avait l’esprit tranquille. Il aimait bien les histoires sous toutes leurs formes au fond, y compris les poèmes, mais cette forme spécifiquement lui plaisait tout de même moins et ne constituait pas toujours des récits. À la moitié du cours, il nota que son intérêt, déjà amoindri en temps normal par le type de texte et à présent par sa capacité de réflexion actuellement réduite, ne lui permettait pas d’apprécier pleinement des sujets qui lui auraient naturellement tenu à cœur. Le moindre mouvement, le moindre son, venait déconcentrer le jeune homme, en particulier le petit oiseau posé sur le rebord de sa fenêtre. Il était mignon, à fouiller ses plumes pour se nettoyer. S’arrêtant pour tourner la tête dans des angles tout aussi trognons, sur le côté, puis l’autre, évaluant son environnement et puis, poursuivant son travail. Lawrence pris un bref instant pour fermer ses yeux qui lui piquaient atrocement et c’est à ce moment que…

-…toc…-

L’écossais s’étendit, épuisé sur son pupitre, répandant ses crayons aux sols et réduisant à néant son effort de créer un ensemble harmonieux de crayons de bois dont les mines se brisèrent à l’extérieur comme à l’intérieur du bois. Durant l’explication de l’enseignante en ce qui concernait les travaux, seul le voisin peu malin du garçon s’était rendu compte de la chose et commençait à partager la nouvelle à ses autres voisins en ricanant. Préparant leurs fausses sarbacanes, ce fut par le bombardement de petits morceaux de papier mâchouillés que Lawrence s’éveilla en panique en réalisant qu’il devait faire au plus vite pour terminer son travail, en ignorant du mieux qu’il pouvait les fous rires de ses tortionnaires et surtout, surtout, les foutus petits papiers bourrés de microbes buccaux de ces derniers. Pour couronner le tout, la fille en avant de lui, une nouvelle, ne cessait de chuchoter une histoire de chevaux flambés argh! Rien pour aider à la concentration! L’envie de lui refiler les petits bouts de papier était forte, mais il n’allait tout de même pas toucher à ça et Lawrence était bien élevé, LUI, pensa-t-il en jetant un regard noir au garçon d’à côté. Il prit donc sur lui-même et poursuivit en silence. Alternant, écriture et application de savon antibactérien partout où il y avait contact gommant avec sa peau, il termina son travail de justesse au même moment où l’enseignante annonça la fin du cours. Certain d’avoir une mauvaise note bien méritée, il se présenta devant l'enseignante, travail en main. C'est alors qu'il apprit que le travail n'était pas noté. C'était une blague? Apparemment pas. Il avait dû manquer ce détail... Il restait ainsi planté, ambivalent à savoir s'il en était heureux ou s'il était déçu d'y avoir mis autant d'effort pour rien, un peu comme s'il espérait qu'elle prenne tout de même le travail pour avoir l'air moins idiot et ne pas avoir supporté le trio d'imbéciles à l'arrière pour rien. La période s’acheva néanmoins avec soulagement alors que tous quittaient le cours. Épuisé et frustré, Lawrence retourna à son bureau et y laissa tomber sa tête entre ses bras, pris de grandes inspirations, puis, lentement, la releva. Il n’était pas seul.

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Lawrence vous assaille de questions en 000066
Hypnos vous fait rêver en 00cc99
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MessageSujet: Re: La Perte et les Trois Psychés Lun 10 Oct - 22:11
Alien alchemy saved me from early expiry, by sound and wave and pulse of mercury

Bereft of self the boy was self-parody, his smiles and jokes deny he craves mercury


La salle de classe lui semblait différente. Le contour de son pupitre était nettement défini, comme s’il avait été tracé par la pointe d’un scalpel. Sur sa surface, elle y voyait chaque trou de compas, chaque graffiti crayonné ou sculpté dans l’ennui. Autour d’elle, les autres étudiants se dessinaient par chacun de leurs mouvements les plus infimes, semblant si animés dans leurs chuchotements et rigolades ; elle les voyait comme au travers d’un filtre a densité neutre, où couleur et contraste ressortaient parfaitement, sans flou ni éblouissement. À sa gauche, au travers des fenêtres, les montagnes du Connemara semblaient vivantes, déferlant à toute vitesse sous un éventail de nuages en écailles de poisson.    

Cast by shadows I am his pale forgery, his light choked out by hangman mercury

Death toasts to my health, be salâmati! and I ask for a glass of its best mercury


Plus étrange encore, Tess réalisa, était son propre sens d’être. Cette notion de la fatigue lui semblait si lointaine, et un émerveillement presque palpable se trouvait maintenant à la surface de sa perception. Ce sentiment à l’apogée d’une montagne russe, normalement fugace mais prolongé à l’infini… comme si son corps avait quitté le wagonnet pour disparaitre dans le bourdonnement bleu de l’éther.  

Engulfed by the cask of his threnody I bask in in the rhapsody of his mercury

Dans cet état intermédiaire, Tess ressentait un blocage dont elle n’avait conscience que dans ses cauchemars. Il y avait là plus qu’un simple besoin de se déballer : c’était la soif d’un exorcisme en son cœur, inassouvie depuis bien trop d’années. Une image se forma dans sa tête : un ovale lumineux, sa lumière froide comme celle des étoiles. Un chant funèbre s’échappait de ce monde au-delà, et une figure enfantine s’approchait du sien, pressant sa main floue et ténébreuse contre la peau cristalline qui les séparait.

Tess leva ses yeux du cahier dans lequel elle avait commencé à écrire, clignant avec absentement. Il n’y avait plus de tableau d’ardoise, plus de pupitres anciens avec leurs rayures et leurs nœuds. Il n’y avait plus d’élèves, plus d’enseignante, plus de montagnes ou de cieux. Il n’y avait que trois miroirs, flottant dans une mer d’eigengrau, ce noir intérieur aussi intime qu’il est silencieux.    

Elle ne pouvait détacher son regard de la psyché de droite, car la silhouette s’y tenait encore, noire contre la lueur les constellations mortes à son dos. Tess se leva lentement, s’approchant de ce portail vers un monde qu’elle avait trop longtemps ignoré. Elle lui tendit sa main gauche, qui dans ce monde n’avait plus l’apparence de plastique et de silicone. Elle était formée par des flammes courroucées, crépitant dans la noirceur comme des cris de douleur et de folie.

Freedom from fatality by finality, I rode the ode from bohemia to mercury

Tess était de retour à son pupitre. Elle en était certaine, mais elle restait cependant déboussolée. Elle entendait partout autour d’elle le bruit de cahiers et trousses de crayon se faire bourrer dans des sacs. Puis, la cloche sonna, annonçant la débandade de fin de journée. Il n’y avait là rien de nouveau, mais elle resta tout de même bouche bée.

Tout le monde était si… petit.

« Yo, Esther ! » un garçon s’écria à deux pieds d’elle. Elle sursauta, puis le fixa de ses grands yeux bleus. « Tu veux-tu ravoir ton CD de Queen de suite ou j’peux l’garder que’ques jours encore ?  J’arrives pas à copier les chansons sur l’ordi de mes parents, sooo… »

« Oh… sure, no problem, » Tess lui répondit sans changer de registre, tant elle était habituée à l’anglais. « I mean… oui, ne te… ne t’en fait pas de… pour ça. N’importe quand, ça va ! »

« Oulala, madame Franglo strikes again ! » Il leva les mains défensivement à la manière de Neil deGrasse. Tess reconnaissait ce mouvement qui commençait tout juste à faire fureur sur l'internet. « J’te niaise, ton français est bien. C’est plus moi qui fait un peu colon à une école anglaise, hein ? Will you ‘elp me fix dat ? »

« Je sais quand même quand tu exagères, Sammy. » lui dit-elle en souriant. Le garçon lui prit la main gauche, puis la tira vers les corridors. Elle n’était pas certaine pourquoi la sensation de sa main sur la sienne l’avait tant choquée sur le coup, mais ce n’était pas un sentiment inconfortable. Plutôt, il était familier, comme un ami de longue date dont le cœur n’a jamais changé. Lentement, la conscience originelle de Tess s’estompa. Il n’y avait plus qu’Esther Obeline, fille de onze ans.

Tess jeta un dernier regard derrière, remarquant qu’un autre garçon était encore là, endormi. C'était un rouquin avec l'air blafard, et il semblait un peu gringalet. De tous les élèves, elle ne le reconnaissait pas… ou du moins, elle ne le reconnaissait pas du même endroit… ou du même moment ?

« Esther, grouilles-toi ! On va manquer le duel dans la cour de récré ! »
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MessageSujet: Re: La Perte et les Trois Psychés Sam 28 Jan - 22:05
En effet, il n’était pas seul, la jeune femme devant lui semblait s’être assoupie et il se demandait à présent s’il ne devait pas la réveiller ou la laisser dormir. De toute évidence elle serait bien mieux dans son lit que sur ce bureau froid et dur. Il en savait quelque chose. Lawrence se leva donc, prêt à réveiller la jeune femme, mais cessa son geste à quelques centimètres de son épaule.

« Qu’y a-t-il? », lui avait alors demandé suspicieusement sa divinité.

Hypnos savait très bien ce qu’il y avait. La tentation était forte. Cela faisait un moment que Lawrence ne s’était pas exercé, suivant les conseils du dieu du sommeil qui s’était inquiété pour lui après son séjour à l’hôpital.

« Elle…elle a parlé dans son sommeil plus tôt…tu crois qu’elle rêve? »


« Je suis certain qu’elle rêve et toi aussi. Demande ta question plutôt que de tourner autour du pot. Depuis quand tu te retiens de les poser de toute façon? »

« Je pourrais…? On peut…pas longtemps… Ça te manque aussi allez! »

« J’ai l’impression d’entendre parler un toxicomane qui ne tiens plus son sevrage. Tu crois que ça m’intéresse de te laisser faire? »

Lawrence savait qu’il avait raison, mais il savait aussi que la divinité était sur le point d’accepter. Il opta donc pour le silence jusqu’à ce qu’une réponse affirmative d’Hypnos s’échappe dans ses pensées. Ce qui finalement ne pris pas tellement de temps. Tout fébrile, Lawrence fit donc le tour de la jeune femme pour aller s’assoir à califourchon sur la chaise en face d’elle, appuyant son torse contre le dossier et ses coudes sur le bureau de la demoiselle. Il espérait ainsi conserver une certaine stabilité et ne pas s’écraser au sol durant le processus et ce peu importe ce qui arriverait.

« Lawrence! Ce doit être bref! Nous sommes d’accord? Et rien de trop risqué. Tu te limites à ce que nous avons déjà travaillé, pas de tentative à distance et au premier signe de malaise tu quittes ou tu m’avertis.»


« Oui, oui! », répondit le garçon d’un ton désintéressé.

Quelques minutes s’écoulèrent avant que le jeune écossais n’arrive à établir un bon contact. Il avait l’impression d’être un peu rouillé en fait, mais aussitôt celui-ci établit, un état d’exaltation qui lui avait grandement manqué. Le mystère à découvrir chaque fois qu’il intégrait les rêves d’une autre personne, stimulait sa curiosité et la sensation de puissance et de contrôle qui l’envahissait chaque fois le changeait grandement de sa vie réelle. Hypnos avait sans doute raison de dire qu’il était accro, mais comment ne pas l’être? Qui n’abuserait pas d’un tel pouvoir. La réalité pouvait parfois paraître si moche. Malgré l’inconnu qu’il affrontait en rêve, il savait qu’il aurait droit à une aventure abracadabrantre, mystérieuse, parfois obscure dans lequel il vivrait une tonne d’émotions, mais certainement pas l’ennui, jamais l’ennui et il aurait toujours l’option de se sortir de tout mauvais pas grâce à ses pouvoirs, l’aide de sa divinité ou en quittant de lui-même, s’il y arrivait. Quitter de lui-même avait toujours été sa faiblesse, peut-être parce qu’une part de lui ne le voulait pas, ou était-il simplement incompétent. Il n’en savait rien et s’en fichait. En ce moment, c’était entrer qu’il voulait et c’est ce qui arriva.

Lawrence ouvrit les yeux dans un environnement d’une épaisse noirceur dans lequel il arriva toutefois à distinguer trois grands miroirs à la structure en fonte apparemment suspendu dans le vide, malgré leur lourdeur apparente. Le rouquin alla se placer devant les trois avec méfiance. Il avait trop vu de cauchemar pour savoir que c’était une idée idiote d’aller les observer, mais il le devait. Rien ne prouvais que ce serait un cauchemar non plus en fait, simplement l’imagination du garçon en menait large et il lui était facile de se faire des scénarios de toutes sorte, son anxiété n’aidant à rien. Il espérait seulement que sa propre imagination ne se répercuterais pas ici involontairement. Il voulait découvrir le rêve tel qu’il était et non pas le manipuler. Simplement, parfois, tout ne tournait pas toujours comme il le souhaitait, ses pouvoirs étant toujours incontrôlés malgré l’expertise qu’il y avait gagné.

Enfin, le silence pesait lourd, mais il prit son courage à deux mains et observa le miroir central dans lequel une silhouette qu’il reconnaissait comme étant celui de la jeune femme dont il avait intégré le rêve. Une chevelure blonde, une silhouette fine et un détail, qu’il n’avait pas remarqué, sans doute dû à sa position de sommeil sur son bureau, mais il lui manquait apparemment un bras. Étais-ce qu’une représentation dans son rêve ou étais-ce bien elle? Lawrence se promit de revérifier dès son réveil. Il nota que la jeune fille devant lui fixait droit devant, le regard plongé dans un autre miroir dont l’image se répétait à l’infini à la manière d’une poupée russe de plus en plus petite à partir d’une forme plus grande.

Une question s’inséra toutefois dans l’esprit du garçon...Et si elle pouvait me voir? Devait-il rester discret et ne pas lui faire savoir qu’il était là? Ou tenter d’approcher le miroir pour la voir de face? Est-ce qu’il voulait la voir de face ou ce serait comme un film d’horreur ou l’on se fait avoir par toute silhouette un peu trop calme qui ne bouge pas? Non…il ne fallait pas y songer!
Il n’eut cependant pas à s’attarder bien longtemps qu’un mouvement attira son attention sur la droite. Les deux miroirs de côté lui inspiraient un certain malaise en fait. Dans l’un d’eux, une lueur pourpre incertaine semblait varier, s’intensifier plus précisément. Le second, laissait entrevoir une seconde forme sur un fond étoilé. Alors qu’il s’en rapprochait, pour l’observer de plus près, un courant froid se fit sentir et un frisson le parcouru, lui inspirant la création d’un foulard. Le déposant autour de son cou et sur son épaule d’un air nonchalant en riant, ce dernier déclencha les rires de sa divinité qui se répercutèrent en écho dans les alentours. C’était tout de même une drôle d’idée de s’imaginer le froid dans un rêve et de devoir y remédier. Osant aller toucher le miroir, notre rêveur commençait à se demander si une paire de gants n’aurait pas été de trop.

À peine y avait-il déposé sa main qu’il se retrouva transporté de nouveau dans une salle de classe, assis à un bureau. Déstabilisé par ce changement soudain et la lenteur de son cerveau à s’ajuster à la situation, il étendit sa tête contre la surface. Cela pris quelques minutes à Lawrence pour comprendre qu’il ne venait pas de s’éveiller, qu’il avait simplement transiter dans le rêve. Une cloche sonna et le brouhaha habituel d’une salle de classe se vidant se fit entendre.

Immédiatement Lawrence réalisa que les élèves qui sortaient de la salle était vraiment plus petits et plus jeunes que lui. Il resta ainsi étendu sur le bureau, tentant de rester subtile et d’observer la scène. Il regarda les gens quitter, cherchant ce qu’il y avait de pertinent dans les alentours pour satisfaire sa curiosité. Tentant d’évaluer si c’était le genre de rêve où il serait remarqué s’il ne s’adaptait pas. Son but n’était pas d’incommoder sa collègue de classe, mais il avait conscience qu’un rêve était quelque chose de personnel et donc, il n’avait rien à faire ici….Parlant d’adaptation… Tendant l’oreille pour entendre les conversations, il réalisa toutefois bien vite qu’il ne comprenait pas tout. Bien que la plupart parlaient anglais, l’accent était très américain et surtout, il entendait par-ci par-là un peu de français, mais certainement pas celui qu’il entendait le plus souvent. Où avait-il bien pu atterrir? Il fronça les sourcils, portant attention aux mots qu’il comprenait, tout ceux en anglais et le peu de mots francophones qu’il pouvait reconnaître…en gros…très peu de chose de cette part.

Il tourna la tête, pour apercevoir la jeune fille dont il avait intégré le rêve. Elle semblait plus jeune et au grand malheur de notre aventurier, elle venait d’adapter son registre à celui de son compagnon de classe a elle. Bonne chose pour Lawrence, il l’avait entendu l’appeler Esther. C’était donc son nom. Maintenant qu’il y songeait il l’avait peut-être entendu lors de la prise des présences le premier cours ou peut-être pas comme il devait être dans sa petite bulle à ce moment…Une chose était certaine, le garçon devrait définitivement s’entrainer niveau anglais, mais vu le ton taquin qu’il prenait, il semblait s’en douter. Sa demande « d’aide pour fixer quelque chose » arracha un sourire au rouquin qui observait la scène derrière elle. Il nota qu’ici, elle avait bien ses deux bras, comparativement à l’image qu’il avait vu dans le miroir. Encore une fois, Lawrence tourna la tête pour observer la porte d’entrée et les alentours. Il n’y avait toujours aucune trace d’une divinité quelconque. Ce qui était un excellent point…ou pas… Les divinités avaient tendances à faire leur apparition ou à se représenter elles-mêmes d’une quelconque façon ou par un phénomène particulier. Il songea un moment aux trois mystérieux miroirs. C’était le genre de chose qui pouvait bien être une représentation…mais pour avoir vu une vache et une moth aussi, Lawrence ne se faisait plus tellement d’attente. Si la divinité de la dénommée Esther était présente, elle ne s’était sans doute rendu compte de rien ou l’espionnait sans rien faire. Ce qui était à la fois inquiétant et rassurant. Avec un peu de chance elle n’était pas agressive. Il se doutais tout de même qu’elle n’approuverait sans doute pas sa présence dans les rêves de sa possédée, mais pour le moment, Law n’aurait pas à s’en préoccuper tant que rien ne semblait étrange ou dangereux. Il se promit de rester sur ses gardes.

« Esther, grouilles-toi ! On va manquer le duel dans la cour de récré ! »

Lawrence n’avait rien compris autre que le terme DUEL. Oh…ça promettais d’être intéressant. Il resta donc ainsi le temps que les deux derniers élèves, apparemment sur le point de partir, le fasse. Il pourrait ainsi les suivre plus discrètement et se charger de manipuler son apparence.

« Je te conseille de rajeunir un peu pour te fondre dans la masse…besoin d’aide? »

« Non ça va, étrangement... J’ai le sentiment de savoir comment m’y prendre. »

« Je te fait confiance là-dessus. Si tu as l’air d’une gorgone, je t’arrangerai le portrait. »

Après concentration et tentative de se rappeler un peu son apparence plus jeune, il réussi à avoir une taille plus raisonnable et des traits plus jeune. On retrouvait un Lawrence tout aussi chétif, toujours avec son veston et cravate, toutefois ses vêtements flottaient sur son dos vu sa taille.

« Pas mal non? », dit il en s'exposant à sa divinité, attendant son commentaire.

« Mouais…attend. »

Hypnos fit son apparition aux côtés de son possédé, l’observant de la tête au pied. Puis, sans prévenir, lui envoya un bon coup de poing en plein visage avant de déchirer un tout petit peu la couture de l’épaule. Lawrence laissa échapper une expression de douleur avant de plaquer sa main sur son arcade sourcilière.

« Tiens! Ça c’est le Lawrence d’il y a quelques années. Non? », dit-il en présentant un miroir au rouquin.

« Une ecchymose n’apparait jamais si rapidement! Tu aurais pu la faire apparaître sans me frapper au moins! »

« Oui, mais c’est tellement moins satisfaisant. Oh allez ne fait pas cette tête, ce n’est même pas réel. Reste que…là c’est vraiment toi!», ajouta-il en ricanant.

Graduellement, les traits d’Hypnos prirent également les traits d’un jeune homme du même âge aux cheveux brun muni d’un jeans, d’un T-shirt simple bleuté et d’un veston de cuir.

« Et soit reconnaissant, ici tu as un ami! Hmm…ou un bully…je pourrais être ton bully! Euh….non d’accord…”

Hypnos, tout excité, semblait prendre le tout comme un jeu et réalisait qu'il prenait un peu plus de place que son possédé ne l’aurait souhaité. Il décida donc d’en rester à sa première proposition, allant le prendre par les épaules et l’entrainant dans le couloir à la suite des deux autres.

« N’oublie pas ton sac! »

Lawrence attrapa le sac, réplique parfaite du sien dans la réalité, qui venait d’apparaître à ses pied.

"Direction cours de récré donc!"

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MessageSujet: Re: La Perte et les Trois Psychés Dim 26 Fév - 0:29
« Un duel ? Quel genre de duel ? » Tess lui demanda, alors qu’ils se dépêchaient dans les corridors, ramassant sur le chemin leurs manteaux, écharpes et bottins à leurs casiers voisins avant de repartir en courant. Il lui jeta un regard d’en avant, ne lui donnant pour réponse qu’un simple sourire en coin. Elle fronçait les sourcils, confuse alors qu’elle y cherchait un sens précis, jusqu’au déclic soudain. Soupirant, elle le regardait maintenant avec un air feint de désapprobation. « Nooon. »

« Tu me connais ! Quoi d’autre ? »

En jaillissant des portes de l’école, le soleil leur éclata au visage. L’air dehors était d’une richesse exquise ; on pouvait y sentir les feuilles mortes humectées par le dégel, cette promesse de vie dans la froidure des premiers vents printaniers et, par-dessus tout, des effluves alléchants provenant de la petite pizzeria en face de l’école. On pouvait aussi entendre ce familier brouhaha enfantin, parsemé çà et là de cris de joie alors que les écoliers lançaient leurs dernières boules de neiges, plus lourdes et douloureuses qu’à l’habitude.

Tess ignora cette bataille : c’était là une simple guerre, et non le duel qu’ils recherchaient. Tess balaya la cour de récréation de ses yeux, plissés par la concentration. C’est entre les deux paniers de basketball qu’elle aperçut enfin les deux duellistes. Un garçon immense se tenait d’un côté du terrain, les mains dans les poches : malgré son âge, il avait la carrure précoce d’un culturiste avec un visage de molosse—les joues pendantes, les petits yeux ronds, son air éternellement renfrogné. À son opposé se tenait une jeune fille chétive, bâtie comme avec des brindilles, avec des yeux verts gigantesques par le grossissement exagéré de ses lunettes en cul-de-bouteille.

« Aujourd’hui, on règle nos comptes, » la jeune fille annonça calmement en anglais, ses bras croisés.

« Trop longtemps, j’ai attendu ce moment, » le molosse lui répondit, ses yeux noirs brûlant d’une flamme vive alors qu’il se crispait les doigts dans ses poches.  

Le temps des mots était passé ; à partir de ce moment, seuls leurs actions pouvaient décider la victoire. À l’unisson, ils produisirent leurs armes de choix d’un grand geste : ils se pointèrent l’un l’autre avec des petites boites en plastique à velcro, laissant un vent puissant les assaillir avant de se précipiter l’un vers l’autre. Moins d’un mètre avant la collision fatale, ils s’arrêtèrent puis s’assirent sur l’asphalte, ouvrant leurs boitiers pour y retirer des piles de cartes, individuellement protégées par des manches en plastique.

« J’invoque Soldat d’Ébène en attaque et je place une carte à l’envers, » la binoclarde déclara, masquant rapidement les débuts d’un sourire mesquin.

« J’invoque Sculpteur Lunaire Légendaire en attaque et puisque ton Soldat est fait de bois, ma gouge divine double les dégâts ! » Le massif semblait fier d’avoir gagné cet avantage suite à plusieurs analyses du style de jeu de sa rivale.

« Je révèle et active mon sort, Transmutation des Cinq Éléments : mon Soldat d’Ébène se transforme en Soldat d’Étain, neutralisant ton bonus ! » s’écria la jeune fille, ricanant alors que son adversaire se serra les dents, écumant de la bouche.



« Je lance Crue Diluvienne pour éteindre toutes créatures de feu en jeu ! »

« Je joue Polymérisation sur Keroberos du Soleil Infernal et Tortue de Mille Lieux pour invoquer Tortue-Lion À Mille Têtes ! Non seulement est-il immunisé contre ton sort, mais il peut attaquer toutes tes créatures tour à tour ! »

« Ah, mais ta tortue ne peut rien contre ma bande de Treize Nains et un Maître-Cambrioleur… non laisse j’me trompe, ils meurent tous. »



« Je lance Transmutation Nucléaire pour transformer ta Montagne de Bismuth en Poignée d’Or, que j’utilise à l'instar d'un sacrifice pour invoquer—  »

« Refusé! Tu as activé ma carte piège, Réfutation Phlogistique ! L’explosion s’ensuivant détruit les cercles de lévitation de ton Château Volant, qui s’écrase directement sur ton Dragon Gris aux Yeux Pourpres ! »

« Oh non, mes préparations viennent de toutes tomber à l’eau… si ce n’était du sacrifice héroïque d’Atlas, qui intercepte et maintient le château en place ! »

« Bien joué, bien joué… mais la partie ne fait que commencer ! »



«[iγ¯μ∂∂xμ−iγ¯μΓμ−m]ψ=0[iγ¯μ∂∂xμ−iγ¯μΓμ−m]ψ=0…»

« D(t,0)=−i∫d3k(2π)32ωke−iωktD(t,0)=−i∫d3⁡k(2π)32ωke−iωkt ! »

« Sammy, j’y comprends plus rien… on peut s’en aller ? » Tess brisa le silence, sa voix faible et tremblante. Elle ne réalisait pas que sa mémoire défaillante de cet évènement avait modifié le duel à un tel point, mais au final cela revenait au même : cette fois-ci comme la première, elle s’était assise sur un petit banc de neige, se tournant les pouces en attendant que ce duel incompréhensible se termine finalement. Elle quémanda de nouveau, ses yeux brillants de tristesse alors qu’elle se justifiait : « Avatar, le dernier mâitre de l’air commence une nouvelle rediffusion ce soir… »

« Mais ils ont bientôt fini, la partie est si serrée ! » Sammy, lui aussi, s’essayait, le vert de ses yeux miroitant d’espoir.

« Si tu le dis… »

Tess regardait partout autour d’elle, recherchant une ancre quelconque à laquelle s’agripper. Soudainement, elle s’arrêta sur le rouquin qui dormait en classe… n’était-il pas plus grand ? Non, était-il là, avant ? Un grand-mal de tête interrompit ses pensées, et quand elle regardait la cour de récréation, elle voyait deux images presque identiques se superposer, mais ne s’était pas rendue compte que la différence provenait du garçon et son ami en veston de cuir.

« Do I... Do I know you ? »

Lorsque ces mots quittèrent ses lèvres, le monde changea. Il n’y avait plus de cris ou de rires, plus de chaos ludique, plus d’odeur de pizza fraichement sortie du four. Les enfants s’étaient tous arrêtés, et regardaient les deux intrus avec des yeux vitrés, presque robotiques. Tess ne remarquait pas ce silence anormal, mais la douleur dans sa tête ne fit qu’empirer, à un tel point qu’elle ressentait une étrange chaleur dans sa main gauche.

« C’est mes amis, Tess ! » Sammy déclara soudainement en anglais, brisant le silence suffoquant. Il semblait différent, pas dans la voix mais dans la fermeté de son ton. Un à un, les enfants se réveillèrent de leur stupeur, puis retournèrent à leurs activités comme si de rien n’était. Sammy se rapprochait des deux nouveaux arrivés, souriant de toutes ses dents alors qu’il les empoigna par les épaules pour les serrer contre lui avec une force qui ne collait pas à son âge.

« Vous deux, » Sammy leur murmura tout en maintenant sa disposition amicale. « Un possédé et sa divinité, je ne vois pas qui d’autre vous pourriez être. C’est si gratifiant, envahir le monde privé d’une fille troublée ? »

Le mal de tête de Tess s’effaça lentement, et elle commençait à oublier les divergences. Sans répondre, elle se retourna pour assister au déroulement du duel, ennuyée avec son menton sur le dos de ses mains.

« Mon nom est Goibniu, un des trois dieux la possédant, » Sammy leur révéla sans plus tarder. Il était encore brusque et sévère, mais il n’avait pas l’air hostile envers les intrus. « La vie de Tess est en danger. Qui que vous soyez… nous avons besoin de votre aide. »
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MessageSujet: Re: La Perte et les Trois Psychés Dim 26 Mar - 7:44
Suivant la dénommé Tess dans les couloirs, Lawrence s’arrêta à distance alors qu’elle récupérait ses effets personnels à sa case. En poursuivant la discussion avec son ami. Le rouquin s’arrêta pour sa part près d’une autre case, faisant mine de fouiller dans une case. La beauté de la chose était qu’il n’aurait jamais à se justifier pour fouiller dans le casier d’un élève fictif inexistant. Hypnos quand à lui s’amusait à prendre un air décontracter, imitant plutôt bien Brian O’Leary, son nemesis de ses années de Lycée…du moins avant qu’il ne rencontre Auen Sorenson. Lawrence le soupçonnait d’ailleurs de calquer cette attitude bravache sur celle de ce dernier en puisant dans ses souvenirs à lui. Ce qui, il devait l’admettre, le faisait bien se marré intérieurement. Il lança toutefois un regard noir à sa divinité pour la même raison. Il n’était pas du tout subtil et risquait d’attirer les regards, sans parler que l’écossais se retenait de ne pas rire, ce qui insistait la divinité à poursuivre.
Lorsque le duo suivant la rêveuse se remis en marche, Lawrence attendit un moment avant de refermer la case doucement pour reprendre sa filature. Une fois à l’extérieur il pris une grande inspiration. L’air y était frais et agréable, les odeurs printanières et surtout celles de la pizza vinrent séduire son odorat alors qu’il réalisait qu’il commençait à avoir réellement faim. Il se promis de passer faire un tour à la cafétéria une fois sorti du rêve, mais savais que ce serait bien moins intéressant qu’ici.

« Oh, si je pouvais me nourrir en rêve aussi ! »

Hypnos se retourna vers son possédé faisant apparaître un éclair en chocolat et la lui tendant discrètement comme si c’était une substance illicite quelconque.

« Ça ne compte pas si ce n’est pas réel. »

« C’est parce que tu n’y crois pas. Tu avais bien goûté le chocolat du Golem avec Yuuki! Cesse de réfléchir et ça viendra! »

« Oui, mais mon corps à besoin de vraie nourriture. »

« Oui, mais en attendant tu peux faire croire à ton esprit que ton corps se repaît. »


Lawrence était peu convaincu de l’efficacité du processus, mais il prit tout de même la petite pâtisserie, sans toutefois y toucher, occupé à observer la rêveuse de loin, espérant ne pas la perdre de vue. Il nota la présence de nombreux élèves se lançant des boules de neige d’une taille respectable malgré la fonte des neiges. Il se demandait bien où il était atterri, mais commençait à avoir sa petite idée. La jeune femme ne sembla pas se préoccuper de la bataille toutefois et s’était plutôt diriger vers deux autres élèves, une fille et un grand gaillard qui rappelait négativement ses années d’écolier au rouquin. Toutefois, les deux semblaient plutôt prêt à s’affronter autrement qu’au poing, ce qui surpris Lawrence qui au vu des lunettes impressionnantes de la jeune fille aurait jurés qu’elle aurait fait une victime parfaite. Raison débile, mais les bully avait-il besoin de plus qu’une paire de lunette ou une couleur de cheveux pour intimider quelqu’un ?! Enfin, au final, autant déçus que soulager, l’écossais assista à l’ouverture de deux boîtes de cartes. Il ne comprenait rien à ce qui se disait encore une fois, mais curieux comme à son habitude, il s’était rapprocher pour assister à la bataille. Au bout d’un moment, il commença à se demander toutefois ce qu’il entendait. Étais-ce seulement des mots complets?

Il réalisa rapidement qu’il n’était pas le seul à se lasser. Sans doute n’étais-ce pas tellement important. Pourtant la tristesse qui apparaissait lentement sur le visage de la jeune fille, lui affirmait le contraire. Peut-être était-il temps de se présenter, en tant qu’un autre élève et non pas lui-même, évidemment. Ce qu’il faisait actuellement, était répréhensible, et il le savait fort bien. Étais-ce son observation insistante qui lui avait fait tourné la tête au même moment?

« Do I... Do I know you ? »

Instantanément, Lawrence détourna la tête derrière lui, espérant voir quelqu’un d’autre à l’arrière à qui elle adressait ses paroles, mais non. C’était bien dirigé à son intention et pas que ses paroles…tous les regards de la cour d’école était tournés vers lui.

« Oh oh. »

« Abandonnez la mission! On a été repéré! »
, lança Hypnos en agrippant brusquement le bras de son possédé un air soudainement moins sûr de lui. Il était prêt à tout.

La dernière fois que Lawrence avait eu droit à ce genre d’attention était le jour où il était parti en courant dans les couloirs pour aller retrouver Auen pour le confronter…Un peu avant c’était lorsqu’il se faisait tabasser dans la cours d’école. Le malaise s’installa donc rapidement. Il fallait dire que le soudain silence comme si tout autour avait été mis sur pause, n’aidait en rien. Allait-il se faire attaquer par une ordre de gamin brisé? Il commença à craquer ses jointures sous la nervosité, passant ensuite une main dans sa chevelure épaisse. Il devait trouver quoi répondre. Là. Maintenant. Maintenant?

« … »

Au final, et à sa grande surprise, ce fut le dénommé Sammy qui répondit finalement avant lui. Ils étaient ses amis…Ah aye! C’était ça…ouais hé hé. Ils étaient ses amis.

« Aye », répondit Lawrence de son accent marqué en ricanant bêtement à demi soulager, mais ignorant toujours si c’était une bonne chose.

Le nouvel allié vint à se poster entre Hypnos et Lawrence, le premier refusant de lâcher le bras du second. Le dieu du sommeil résistant à lancer un regard méfiant à l’ami d’Esther, il afficha plutôt un large sourire rassurant envers la jeune fille, confirmant mieux que son possédé qu’ils étaient les amis de son ami. L’environnement sembla alors retourner à la normal, laissant croire qu’elle avait avaler le mensonge sans trop de problèmes. Lawrence c’était toutefois crispé dans les bras du garçon dont la force le surpris. Sa poigne ne lui disait rien de bon si celui-ci décidait de changer de camp. D’ailleurs, y avait-il un camp? Le ton de ce dernier ne semblait pas agressif bien qu’il n’approuvait définitivement pas son initiative. Il commença donc à réfléchir à comment il s’y prendrait pour contrebalancer la chose s’il devait se défendre.

« Vous deux, un possédé et sa divinité, je ne vois pas qui d’autre vous pourriez être. C’est si gratifiant, envahir le monde privé d’une fille troublée ? »

« Naw », s’échappa presque inaudiblement des lèvres du garçon.
Puis, comme s’il voulait acheter la paix, Lawrence tendit l’éclair en chocolat au garçon à la force exceptionnel avec un air contrit. Le sentiment de culpabilité envahissant le rouquin lui donnait pratiquement la même sensation qu’un coup de poignard. Il en savait quelque chose. Pas besoin d’en dire plus pour troubler le garçon qui savait déjà mal faire. Sans répondre, il regarda timidement et tristement la jeune fille qui retournait à ses occupations, portant son attention sur le jeu de carte sans plus se préoccuper d’eux.

« Mon nom est Goibniu, un des trois dieux la possédant. La vie de Tess est en danger. Qui que vous soyez… nous avons besoin de votre aide. »


Le ton de la divinité ne laissait pas tellement place à l’opposition. Décidément, il ne les laisserait pas partir sans avoir reçu leur aide.  

« Dans quoi me suis-je encore embarqué? », songea le garçon tentant de se rappeler qui était Goibniu et en maudissant sa curiosité maladive.

« Je l’ai vu dans tes livres. Charpentier? »

« Non forgeron…wait…trois? », répondit Lawrence à voix haute par réflexe un peu plus fort qu’il ne l’aurait voulu en redressant la tête brusquement.

C’était la première fois qu’il entendait parler d’un cas de divinités multiples. Vu la divinité par contre, il n’avait pas de difficulté à deviner qui étaient les deux autres.

« Euh…dé…désolé…Je veux dire…trois? »
, ajouta-t-il tout doucement presqu’en chuchotant.

« Je…euh…erm…ils sont ici aussi? »

Lawrence observa les alentours, cherchant l’identité des deux autres. Se pouvait-il qu’ils jouent aux cartes à l’instant? Il tourna la tête en leur direction comme pour les analyser.

« Vous…avez dit…qu’elle avait be…besoin d’aide. En quoi sa vie est en danger? Je peux vous assurez que nous n’avons rien fait! Que passer, simplement! J’ignorais qu’elle était troublée, je ne voulais pas nuire. Je peux vous garantir aussi que quand nous nous sommes endormi tout allait bien! Respiration normale, pas d’inquiétude à avoir. Si je lui ai nuit, ce…ce n’étais pas mon intention…je…je…»

Hypnos monta sa main pour la poser sur l’épaule de son possédé comme pour le rassurer et surtout l’arrêter de parler. Il voulait qu’il prenne conscience qu’il commençait à stresser et aucune raison autre que sa culpabilité était une raison valable actuellement. Aucune menace imminente ne semblait faire surface et si cela était le cas, il s’en occuperait sans problème dans ce petit monde.

« Je suis Hypnos, dieu du sommeil et ceci est mon domaine. »

Pour Hypnos, tout rêve faisait partie de son domaine, sa dimension, son monde. Ainsi, il ne pouvait envahir ce qui lui appartenait. Il avait droit d’y être comme il était de son devoir de régir le sommeil et les rêves. Lawrence n’avait clairement pas la même prétention, se considérant lui-même comme un intrus, au mieux un invité. Ce dernier se surpris à secouer légèrement la tête comme pour montrer à leur interlocuteur qu’il n’était pas exactement du même avis, mais ne cherchait pas querelle.

« Oh la grosse tête… », marmonna-t-il entre ses dents.

Hypnos n’avais pas fréquemment ce genre d’attitude autrement qu’en rêve ou dès qu’il s’agissait de son domaine d’expertise, mais son possédé le soupçonnait de vouloir impressionner Gobniu afin qu’il ne tente rien envers sa propre personne.

« Oh, suffit! Appuis-moi un peu! Il faut bien que tu t’entraines! C’est vrai que c’est notre domaine! Enfin bref…et vous? Vous nous voulez quoi exactement? »


Il semblait tenter de prévenir toute attaque quels soient verbale, psychologique, physique envers Lawrence. Il connaissait la fragilité de ce dernier et n’avait pas envie de le voir brisé davantage et surtout, il ne voulait pas voir se rêve virer au cauchemar par anxiété. Il devait avoir l’air sous contrôle.

« Elle a l’air triste. », s’avança maladroitement Lawrence.

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MessageSujet: Re: La Perte et les Trois Psychés Jeu 28 Déc - 8:19
« Du sommeil? » Goibniu répéta d’un air stupéfié, alors qu’un sourire presque fiévreux se dessinait lentement sur son visage emprunté. « Aurais-je tort de présumer que cette prédilection s’étend aux rêves? Si c’est le cas, vous ne pourriez mieux tomber que si vous étiez Caer Ibormeith elle-même! » Le jeune garçon s’esclaffa là, sa voix si rauque et retentissante qu’il aurait l’air à l’aise dans une taverne miteuse, garni d’une barbe tressée et tenant dans sa poigne une chope écumante à ras bord. Oubliant sa précédente sévérité, Goibniu secoua les deux intrus comme des amis de longue date, tapant le rouquin dans le dos si fort qu’il s’écroula dans la neige en étoile de mer. « Ce sera donc un jeu d’enfant pour toi de chasser ses cauchemars, aye? De rétablir l’équilibre à son corps et à son esprit ? »


« Ce n’est jamais aussi simple que ça, » Hypnos lui répondit nettement, croisant les bras de son jeune avatar. « Expliquez-moi la situation dans les moindres détails. Vous avez parlé de déséquilibre… voulez-vous dire qu’elle est en rejet de possession ? »

L’expression de Goibniu s’effondra à ces mots ; le visage de Sammy, bien que profitant des vertus de la jeunesse, semblait maintenant alourdi par la culpabilité et le chagrin de décennies bien au-delà de son âge apparent. « Malgré sa force intérieure, sa constitution est frêle et son cœur est encore bouleversé… elle est venue ici dans l’espoir d’une nouvelle vie, mais par notre faute elle risque de tout perdre. » Ses yeux scintillaient dans la pale lueur du soleil d’hiver, et son nez, coulait plus rouge qu’avant, commençait à couler. « Elle aurait dû nous rejeter dans cette satanée salle. Elle n’a même pas essayé—lorsqu’elle nous a vus, exténués au milieu de cette tempête qu’est la possession… elle a tendu sa main et nous a ouvert ses portes sans la moindre hésitation. » Il s’essuya du revers de sa manche, reniflant comme un sanglier en pleurs. « Petite sotte… la gentillesse tue.

« Depuis ce jour, elle chancèle entre deux mondes. Elle empire de jour en jour, et nous sentons sa conscience s’estomper. Tess peine à endurer le stress de notre présence, et son corps compense autant qu’il puisse par le sommeil, mais ce dernier n’est jamais de repos. Notre simple existence a rouvert d’anciennes plaies dans son esprit, et elle succombe maintenant à leur infection.

« Ensemble, nous avons fabriqué trois psychés dans son subconscient, chacune servant à endiguer un des souvenirs qui précipitent sa dégénérescence, mais ce n’était au final qu’une demi-mesure—le sommeil et les rêves ne sont malheureusement pas nos domaines. Notre dernier recours était de guérir ses plaies de l’intérieur: par l’entremise des miroirs, nous pouvons prendre les rênes de certains personnages clés dans ses souvenirs dans l’espoir d’en changer le résultat… mais outre quelques nouveaux embranchements mineurs, rien n’a changé.

« Elle n’a plus très longtemps… et le moment que Tess perdra contrôle, elle se fera abattre par la direction comme du bétail estropié. » La tristesse laissa place à un courroux divin, la haine crépitant dans le tranchant de ses yeux avant de se dissiper, telle la vapeur vive d’une lame d’acier fraichement trempée. « Nous avons déjà perdu une grande amie à cet exorcisme. Plus jamais. »

Tête baissée, Goibniu se mit à genoux, un poing ferme contre l’asphalte enneigé. « Ô Hypnos, Seigneur du Sommeil, le Tri Dé Dána t’implore : aide-nous à sauver la vie d’Esther Obeline. Nous en paierons le prix, quel qu’il soit—de fer, ou de sang. »

« Sammy? » Tess se dirigeait maintenant vers eux, un teint de curiosité à ses yeux bleus alors qu’elle regardait la scène avec intérêt. « Vous jouiez les chevaliers? Vous auriez pu me le dire, je me serais jointe à vous! »

« Non non, rien à avoir avec toi, Tess, juste une promesse entre hom—aïe! » Goibniu s’exclama, se frottant le point sur son front où Tess lui a donné une chiquenaude réprobatrice. « Désolé. Je t’assure, c’était vraiment pas pour t’exclure, c’est plus une… surprise? »

« Oh! Je peux accepter ça, alors, » répondit-elle gracieusement, bien qu’elle ne pût cacher son petit sourire sournois.

« Sinon, c’est qui qui a gagné? » Goibniu demanda; il en savait pertinemment la réponse, mais c’était une question pivotale au bon déroulement de ce scénario. Il se devait de la poser à chaque fois.

« Bah… euh… » Tess hésita, fronçant les sourcils dans un effort de rappel monumental. « En tout cas, je peux dire que moi, j’ai perdu. » Elle tira la langue, révélant à la surprise d’absolument personne que le résultat lui importait très, mais vraiment très peu. « C’est bientôt l’heure de mon émission alors je vais rentrer. À demain Sammy, et à vous deux aussi ! »

Goibniu jeta derrière lui un regard inquisiteur, et ses yeux s’élargirent comme par illumination. « Ah… en fait, ça te dérange si on passe tous les trois chez-toi ? »

Elle s’arrêta, surprise par la requête : Tess et Sammy avaient l’habitude de planifier d’avance leurs visites à domicile, pour éviter certaines complications familiales. Elle semblait indécise : ses yeux vacillaient vers le haut comme par calcul, et elle se mordillait nerveusement l’intérieur de la lèvre. Après un court silence, elle reprit de son calme et demanda : « Ça fait partie de la surprise ? »

« You know eet ! » Goibniu répondit, encore une fois exagérant le ton enjoué de Sammy.

« D’accord, mais seulement si ma mère dit oui, » Tess capitula finalement. « Elle est peut-être de mauvaise humeur, alors je ne peux rien garantir. » Sur ce, Tess se retourna pour quitter la cour de récréation et commencer son chemin du retour, suivie de ses trois compagnons qui chuchotaient encore entre eux, hors de portée de voix.

« C’est le moment de vérité. Je compte sur toi et ton nabot, Hypnos. »

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