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Sous la Lune de Vigne
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MessageSujet: Sous la Lune de Vigne Mar 13 Sep - 7:25
Vendredi 16 Septembre 2016 – 7 : 57 PM

Deux semaines après la rentrée, les dortoirs débordaient de lumière et de vie. Il y avait un boucan sourd d’une aile à l’autre, parsemé çà et là de cris de loup. Des pectoraux à découvert reluisaient comme du bronze sous les fenêtres des filles, qui huèrent et sifflèrent à l’unisson. Mais avec la chute du soleil, les chemises remontaient vite. Assise sur un banc à l’extérieur, Tess pouvait voir les garçons grelotter, trop habitués aux couchés chauds de leurs vacances dans le sud. Puis, incapables de tenir le coup plus longtemps, ils détalèrent au vent sous des éclats de rire et un éclair éblouissant. « Joli, » se dit-elle avec un sourire espiègle, admirant sur sa photo les contorsions comiques de leurs visages.  

Tess n’a pas eu d’aventure passionnée à Varadero, n’a pas fait de randonnée romantique le long du Doubs. Elle n’est pas non plus retournée au terroir, ne s’est pas ressourcée dans les ruelles de son enfance, n’a pas renoué les liens avec son passé mouvementé. Non, Tess est restée au comté de Galway, plus spécifiquement dans la chambre 114 du pensionnat, pour la rénover. Elle passait toutes ses fins de semaine en ville avec sa tante Saoirse, mais le reste était dédié à ses projets artisanaux.

Dans un élan divin (et cela dit, décidément douteux), elle a remeublé la chambre avec des colosses médiévaux de chêne qui lui servaient d’armoires, de lits et, au premier regard d’un passant aléatoire, d’instruments de torture. N’ayant pas encore développé le tour de main, ses coups de burins manquaient beaucoup de finesse. Cependant, là n’était pas l’objectif principal : à la requête des trois dieux nains qui squattaient son penthouse cérébral, plutôt que des meubles, c’étaient ses muscles qu’elle devait bâtir, de même qu’un réseau moteur plus précis et réceptif. « Avant tout, le soubassement ! » s’écria Goibniu, ressassant ses mots comme un sergent instructeur. « L’art viendra, tôt ou tard. »

Fatiguée, elle soupira. « C’est bien beau, mais ça ne change pas que j’en voulais pas, des dragons sur mon armoire… »

Dixit alors le bronzier Credne, avocat du diable à ses heures : « Allons, on a quand même mis des licornes comme compromis. »

« J’en voulais pas non plus, de licorne ! Et pourquoi ils se battent à mort ? Vraiment, je ne vois pas de quel événement cette scène peut bien être inspirée. »

« Elle est inspirée, ma chère Tess, de la tapisserie de mon… imagination ! » Luchta lui révéla avec cet enthousiasme intersidéral. Ses yeux d’ambre étaient à grand ouvert, comme des soucoupes scintillantes au milieu d’un ciel étoilé.  

D’un sourire embarrassé, elle se leva du banc, puis se promena en direction du lycée. Les derniers traînards devaient pour la plupart être rentrés. Tess avait guetté ce moment depuis plus d’une heure : depuis la rentrée, les dortoirs bondaient d’élèves… de témoins. Peu de choses la gênaient en ce monde. Avec une nostalgie noire, elle se remémora la belle blague d’une brute particulièrement maligne. «Il le disait comment, déjà ? “Tes hontes se comptent sur la prothèse d’un bras”. Un vrai fin-finaud. »  

En vérité, depuis deux semaines maintenant, Tess avait une envie folle de chanter. Avec tout ce beau monde, elle a dû mettre un moratoire sur ses activités les plus bruyantes : uno, ses rénovs. Quatre satanées étagères l’attendaient encore sur le plancher de sa chambre. Mais même si rien ne l'empêchait de marmonner des paroles sous le chahut assourdissant du pensionnat, elle voulait se relâcher complètement à la plus haute octave, là où personne ne pouvait l’entendre. Bien qu’elle ait beaucoup appris du Trí Dé Dána, elle n’avait pas encore les compétences pour défoncer ses murs fins comme du papier et les remplacer par des surfaces anéchoïques. « Quoique, avec quelques centaines de pyramides en mousse de polyuréthane, peut-être… Vous me montrerez comment en faire, hein?»

«En fait, c’est que… on a beau savoir tout faire, » Credne s’évertuait à expliquer, se frottant les mains nerveusement, « mais, comment dire… on n’a pas actuellement eu… besoin de tout faire ? Surtout en commençant : à ce stade, les ressources, comme les moyens, sont toujours très éparses… »

« Il a raison, » Goibniu admit en se frottant la barbe d’un air approbateur. « Moi-même, maître du fer et du feu, c’est tout de même de ma divine Mère que j’ai reçu ma première forge magique ! »

« Ah oui, cette histoire… » Credne grogna. « Contrairement à toi, moi j’ai actuellement dû bosser au noir juste pour me payer ma première panoplie d’orfèvre… »

« Oh, se cacher sous les soufflets de mère pour de l’argent de poche, c’est bosser dur maintenant ? Et puis tu oublies qu’elle t’a donné une stone du minerai sacré utilisé dans la construction du Chaudron de Dagda ! Tu n’as pas idée de ce que j’aurais pu accomplir avec cette quantité ! »

« Moi, » Luchta coupa ses deux frères d’un ton impassible, « maman m’a donné une branche. »

La nuit tomba, et le silence régna un temps. « Effectivement, » affirma Credne, « elle t’a… donné une branche. »

« J’admets… j’admets ne jamais l’avoir comprise, celle-là, » Goibniu continua, perplexe. « En plus, elle était couverte de vieilles loques crasseuses…»

Tess secoua la tête en riant, se demandait comment ils en étaient arrivés à ce point dans leur discussion. « C’est bon, dites le simplement quand vous ne savez pas comment faire quelquechose ! Je ne jugerai pas. »

Sans faire de bruit, elle se faufila dans le lycée, ses pas étouffés alors qu’elle marchait presque sur la pointe de ses pieds. La lueur de la pleine lune passa au travers des fenêtres pour paver les couloirs de dalles lumineuses. Elles n’étaient pas purement blanches, mais légèrement tachetées d’ambre et de vieil or.  « Elle a un nom, n’est-ce-pas? Dans votre calendrier lunaire. »  

« La Lune de Vigne, » répondit Luchta, sa voix mélancholique. « Parfois aussi nommée la Lune du Vin, marquant l’arrivée de l’équinoxe d’automne. Elle représente l’harmonie et l’équilibre, et le renforcement des liens en préparation du gel hivernal. Un temps des plus merveilleux. »

Elle hocha de la tête, d'accord avec le charpentier, mais ne dit rien de plus. Tess était comme enivrée par l’atmosphère sereine planant autour d’elle, cette accalmie anormale en ce lieu qui, pour elle, représentait le chaos. Arrivée en salle de musique, Tess déposa son sac en toile sur une chaise accotée à l’entrée. Cette salle aussi existait sous le règne du clair de lune, et elle ne put s’empêcher de prendre quelques photos dans la nuit. Quand elle eut terminé, elle déposa son appareil sur le dos du piano à queue. Elle venait ici de temps en temps, et pratiquait parfois son jeu de piano, maintenant qu’elle avait l’usage de sa main gauche. Sous les reflets de la lune, sa prothèse forgée semblait grossière et inhumaine.

Elle caressa les touches froides un moment, avant de jouer d'une lenteur sombre. Sa droite était fluide, mais sa gauche était plus lourde et saccadée, teignant la mélodie d’un rhythme machinal, presque diabolique. Ignorant sa gaucherie, elle se mit tout de même à chanter.

Shadows all around you as you surface from the dark
Emerging from the gentle grip of night's unfolding arms
Darkness, darkness everywhere, do you feel all alone?
The subtle grace of gravity, the heavy weight of stone…

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MessageSujet: Re: Sous la Lune de Vigne Sam 8 Oct - 7:55


❝ Sous la Lune de Vigne❞

Une chose était sûre; s'il y avait bien quelque chose que sa collocation avec Lawrence lui avait apporté c'était une toute nouvelle connaissance du calendrier lunaire. Bon, d'accord, l'application qu'il avait téléchargé pour lui rappeler en avance quand les soirs de pleines lunes allaient tomber aidait aussi à s'en souvenir, mais si on lui demandait son avis, il serait le premier à affirmer que ce n'était en aucun cas de la triche. Pas quand c'était l'une des seules choses qui lui permettait d'éviter de fini en sandwich bien saignant.

Pas que Mika ait vu Lawrence faire quoi que ce soit d'un minimum violent depuis qu'ils se connaissaient – autre peut-être contre les taches tenaces qui ne voulaient pas disparaître – mais vraiment, on était jamais trop prudent.

C'était d'ailleurs pour ça que l'adolescent avait décidé de lui laisser leur chambre pour la nuit. Ce n'était pas comme s'il avait à dormir sous les ponts; il n'allait qu'à aller demander à Merry s'il ne pouvait pas rester avec elle jusqu'à demain et voilà, le problème était réglé.

Après tout, il n'y avait la moindre chance qu'elle refuse.

'Si tu penses que je t'aurais laissé dormir dans les rues sales et humides de Galway, Mykhaila, tu es encore plus idiot que ce que je pensais.'

'Oh, parce que tu préfères encore que je me fasse défiguré par une bête sauvage?' lui demanda-t-il d'un air faussement sérieux.

'Mph. Il est suffisamment gringalet pour que même un avorton comme toi soit en mesure de l'assommer bien comme il faut si jamais le besoin s'en faisait sentir, j'en suis sûr.'

-Hey, fit-il soudainement à mi-voix en s'arrêtant brusquement, penchant légèrement la tête en un mouvement qui n'était pas sans rappeler un chiot venant de remarquer quelque chose de particulièrement intéressant. T'as entendu ça?

Le ça en question était ce qui était indubitablement de la musique, celle-ci provenant de quelque part à l'autre bout du couloir devant lequel il venait tout juste de passer. Reculant de quelques pas, Mika jeta un regard curieux au corridor, fronçant légèrement les sourcils en voyant que toutes les lumières étaient éteintes. Bon, c'était vrai qu'il n'était pas si tard que ça, mais tout de même, ce n'était pas comme si la lueur de la pleine lune allait arriver à remplacer les néons qui étaient normalement allumés au plafond.

Vraiment, tout pour être rassurant.

D'ailleurs, maintenant qu'il prenait la peine d'écouter correctement, il ne pouvait s'empêcher de remarquer que la chanson qu'il pouvait entendre avait quelque chose de franchement... 'bizarre' était le premier mot qui lui vient en tête, 'lugubre' ne se trouvant pas très loin derrière. Pas que la mélodie était mauvaise, non, mais voilà. La façon presque saccadée dont ma moitié des notes étaient jouées, additionné à la voix étouffée et à peine audible qui s'y ajoutait était presque assez pour lui donner froid dans le dos.

Ah, qui est-ce qu'il essayait de bluffer; c'était définitivement suffisant pour lui filer la chaire de poule.

Il fallait croire que celui ou celle qui s'amusait dans la salle de musique – car c'était bien la ce qui se trouvait à l'autre bout du couloir, par vrai? - avait des goûts plus que particulier pour jouer ce genre de chose comme ça dans l'obscurité. Même d'ici il arrivait à voir qu'il n'y avait aucun rayon de lumière sous la porte. Il se demandait d'ailleurs qui-

'Tu comptes rester planté là comme un épouvantail miniature encore longtemps, Mykhaila?' lui demanda soudainement le Coq avec agacement, le faisant sursauter malgré lui devant l’interruption inattendue.

'Pourquoi, t'apprécie pas l'ambiance? Et je voulais juste voir qui était là, c'est tout!'

Ce qu'il allait faire, là maintenant tout de suite. Vraiment. Ou du moins, après qu'il ait réussi à décoller ses pieds du linoleum pour s'avancer en direction de la musique.

Envoyant un rapide coup d’œil par-dessus son épaule, Mika fini par s'engager dans le couloir, marchant sans doute un rien trop lentement pour ne pas avoir l'air ridicule. Si on le lui avait demandé, il aurait probablement dit que c'était pour éviter de faire de bruit et donc de se faire repérer, même si en vérité, la faute pouvait être jetée sur la musique qui, bien franchement, semblait devenir de moins en moins rassurante au fur et à mesure qu'il s'approchait de la salle.

Une petite partie de lui ne pouvait s'empêcher de se dire que c'était sans doute comme ça que la plupart des films d'horreurs commençait. Un adolescent sans doute un peu trop naïf qui décide d'investiguer le son louche qu'il a entendu, un soir de pleine lune en pleine obscurité. Puis soudainement, le tueur en série ou autre créature de la nuit qui surgit de nul part pour l'assassiner; juste de quoi poser l'ambiance pour l'arrivée du véritable protagoniste, en somme.

Et vraiment, Mika serait le premier à affirmer que, Immortalia et possession mise à part, il avait mené une vie bien trop banale et ennuyante pour être autre chose qu'un personnage secondaire à qui ont donne deux ou trois lignes de dialogues avant de s'en débarrasser.

'Dans ton cas, vu à quel point tu as la fâcheuse manie de ne pas savoir quand cesser de monologuer, tu aurais probablement droit à quelques paragraphes avant de disparaître de l'écran. Il faut dire que tu es loin d'être aussi intéressant et charismatique que moi, donc je peux comprendre pourquoi tu ne ferais pas long feu.'

'Ah, mais ça, on sait tous que y a personne d'aussi bien que toi ici, alors c'est clair que si ma vie était un film, t'en serait le héros,' pensa-t-il à son intention comme s'il s'agissait là d'une évidence. 'Ça doit vouloir dire que j'ai de la chance d'être tombé sur toi, right?'

'De la chance? De faibles humains dans votre genre devraient se jeter à mes pieds pour avoir l'honneur de se retrouver en ma présence. Tu sauras, Mykhaila, que-'

N'écoutant que d'une oreille distraite le reste de la tirade du Coq, Mika envoya un coup d'oeil à la porte fermée de la salle de musique, débattant intérieurement à quel point l'appel de sa curiosité était plus fort que la crainte de tomber sur quelque chose de pas de tout rassurant.

La réponse était 'beaucoup'.

Et puis, il pouvait toujours se consoler en se disant que Lawrence allait sans doute le venger s'il se faisait couper la tête par un musicien fou. L'autre ne devait pas avoir peur de grand-chose, en tant de lycanthrope du campus d'Immortalia, et son colocataire devait suffisamment l'apprécier pour ne pas vouloir laisser son meurtrier se promener impunément dans l'école, pas vrai?

Le reste de son scénario improbable se perdit dans un coin de sa tête lorsque Mika trébucha sur ce qui s'avéra être une serpillière, manquant de s'écraser face contre terre avec un 'merde' étouffé. Il eu tout juste le temps de se rattraper maladroitement à une poignée de porte, tentant du même d'empêcher la serpillière de tomber par terre. Pas de chance.

Uhoh.

Grimaçant devant le vacarme qui résonna soudainement dans le couloir, Mika jeta un regard presque paniqué en direction de sa destination. Allez, il y avait de bonnes chances qu'on ne l'ait pas entendu, si? Ou pas, vu le silence soudain qui régnait dans l'aile de l'école.

Oups.

Tournant par reflex la poignée qui se trouvait toujours sous sa main, il se jeta derrière la porte avant de se cogner la tête sur une étagère qu'il n'avait pas vu dans son empressement. Ah, peut-être aurait-il dû prendre la peine de vérifier dans quoi il venait de se fourrer parce que vraiment, le placard du concierge était loin de plaire à l'esprit du Coq, s'il en croyait la sensation de jugement familière qu'il arrivait sans mal à percevoir. Mais hey, au moins, il y avait peu de chance qu'on pense à regarder là-dedans si on le cherchait. Et puis, il y avait sans doute une ou deux boites derrières lesquels il pouvait se planquer si jamais-

Oh. Est-ce que c'était des bruits de pas qu'il pouvait entendre de l'autre côté du placard? Et voilà que ça se rapprochait, oh non.

'Tu crois que-'

'Mykhaila.'

'-si je fais pas de bruit, peut-être que...'

'Mykhaila.'

'-si j'attends elle va sans doute-'

'Mykhaila! Tu réalises que tu es complètement ridicule, n'est-ce pas? Ce n'est pas comme si tu étais le seul à traîner dans le pensionnat à cette heure-ci.'

Ah. Ah oui, quand le Coq le disait comme ça, c'était vrai que le tout semblait soudainement un rien stupide. Sauf que voilà, si tout ça ne sonnait pas comme une histoire de fantôme que les gens s'amusaient à raconter autour du feu lors des soirées de camping, il ne savait pas ce que c'était. D'ailleurs, s'il avait eu cette histoire à raconter lors de leur première nuit en Égypte, sans doute que-

… et ce n'était définitivement pas le moment de penser à ça.

Retenant sa respiration, Mika posa son oreille contre la porte, écoutant avec appréhension le bruit de pas qui s'approchait de plus en plus de là où il était. Chose qui aurait sans doute été bien plus facile si son cœur ne battait pas aussi fort dans sa poitrine, d'ailleurs. Ce ne fut qu'après ce qui lui sembla être une éternité mais qui n'avait sans doute été qu'une ou deux minutes qu'il fini enfin par relaxer, convaincu que peu importe qui venait de passer avait fini par se lasser et n'était pas en train de l'attendre de l'autre côté.

-Okay, murmura-t-il en ouvrant la porte de quelques centimètres avec une lenteur aussi ridicule que navrante, détaillant le couloir du regard afin de s'assurer que la voie était libre. Bon, allez, dans trois, deux, un, go!

Sans doute aurait-il été plus sage de faire demi tour et de se diriger vers le dortoir des filles pour aller retrouver Merry, mais vraiment. Il n'avait pas fait tout ce chemin pour rien, et il savait que s'il avait le malheur de faire demi-tour, quelqu'un allait probablement passer les deux prochaines semaines à lui rappeler à quel point il était une mauviette. Ce qu'il n'était pas! Juré!

'Continue de te le répéter et tu vas peut-être finir par le croire, Mykhaila.'

'Oh, ça va, hein. Et puis, t'as qu'à partager un peu de ton courage sans faille, je suis sûr que t'en as assez pour nous deux,' lui répondit-il en s'arrêtant finalement devant l'une des entrées de la salle de musique, hésitant sans doute plusieurs secondes de trop avant de finalement se décider à l'ouvrir.

Personne.

-Uh... fit-il en plissant les yeux afin de s'assurer qu'il n'avait pas raté quelque chose dans l'obscurité ambiante, s'approchant précautionneusement du piano comme s'il s'attendait à ce que quelque chose surgisse de nul part pour lui sauter à la tête s'il ne faisait pas attention. J'imagine qu'on a dû les faire fuir avec le bruit de tout à l'heure. Faut croire qu'on va pouvoir vivre un autre jou- ah?

Posant les yeux sur l'appareil photo qui traînait tristement sur le dessus de l'instrument, Mika s'en saisit, le faisant tourner machinalement entre ses mains alors qu'il l'observait sous toutes ses coutures. Oh, ça y est, c'était clairement le moment où le tueur en série apparaissait pour se débarrasser de lui, ne lui laissant que quelques secondes pour prendre une photo de son agresseur afin de fournir un dernier indice à ceux qui allait devoir s'occuper de sa disparition.

Il espérait juste que Merry allait arriver à résoudre son meurtre, mais avec l'aide de Thémis, elle devrait y arriver sans trop de mal.
« Who you gonna call? Ghostbusters! »

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MessageSujet: Re: Sous la Lune de Vigne Sam 24 Déc - 5:38
Il y eut un fracas soudain dans le couloir, et Tess sursauta. Sous la raideur de ses doigts, le piano relâcha un grondement funeste. « C’était quoi, ce vacarme ? » Elle était à moitié debout, prête à bondir au moindre mouvement. Le bruit semblait provenir de l’autre côté de l’entrée principale de la salle de musique, qu’elle regardait fixement avec une crainte inhabituelle. Suite à un moment de réflexion, elle réalisa que depuis sa possession par trois dieux irlandais, sa croyance aux fantômes, esprits et autres hantises avait été quelque peu bouleversée. Prenant le temps de respirer, elle prit un grand recul psychologique, se répétant qu’une poignée d’élèves devaient encore traîner à cette heure-ci, très probablement affiliés à un de ces nombreux clubs qu’elle n’avait jamais envisagé de rejoindre. Cela dit, y en avait-il à cet étage ? Toutes les classes qu’elle avait croisées étaient vides...

Tess s’approcha de l’entrée avec précaution. Ne voyant rien dans le couloir au travers de la fenêtre étroite, elle ouvrit la porte avec toute la témérité d’un chat effarouché—à savoir, aucune. Ce ne fût pas long avant qu’elle identifie la source : une vadrouille solitaire, gisant sur le lino. Après l’avoir ramassée, Tess l’empoigna de ses deux mains tel un bouclier des plus chétifs, guettant les environs pour un esprit frappeur ou autre créature maléfique ayant pu l’avoir accrochée. Sans un mot, elle descendit le long du corridor jusqu’à ce qu’il se bifurque. Rien à sa gauche, rien à sa droite. Devant elle, une grande fenêtre à carreaux donnait sur la cour, où trois garçons se passaient à tour de rôle une balle de volleyball. Leurs mouvements lents manquaient d’entrain, semblaient tristes et mélancoliques.

« Trop c’est trop ! » Luchta s’écria si brusquement que Tess avait presque manqué d’étouffer son cri d’affolement. « Mes excuses, mais c’est mon devoir de critiquer ton choix d’arme : comptais-tu réellement combattre un sluagh avec un shillelagh de si basse gamme ? Il n’a même pas de nœud alourdi, seulement un fouillis de loques bon à essuyer le plancher. »

«Mais c’est pas un shlalala, c’est une moppe : ça sert justement à laver le plancher. »

« De pire en pire ! Seul un poing de ton nouveau bras prothétique serait déjà bien plus efficace. »

« Peut-être, mais je comptais plutôt l’utiliser pour tenir des ustensiles et nouer mes lacets, pas exorciser des revenants irlandais à coup de masse. »

« Quelle chance qu’il n’y en ait pas, » termina Luchta avec soulagement. « J’aurai donc le temps de t’enseigner comment en tailler un vrai de vrai, pour la prochaine fois. Et pas avec du prunellier, oh non ! »

« Alors ça, c’est bien apprécié. Vivement la prochaine hantise. » Sa frousse apaisée, Tess rebroussa chemin avec un pas plus léger. Sifflotant dans la nuit, elle s’arrêta au placard du concierge pour y ranger la serpillère. C’est alors qu’au loin, elle entendit un roulement rugueux et continu. Sans y penser, elle s’enferma dans placard. Le bruit s’arrêta à quelques mètres d’elle. Tess pouvait maintenant entendre un grommèlement fauve. Un choc colérique retentit alors, suivi d’un giclement immédiat. Sa terreur ravivée dans la noirceur, elle ne pouvait s’empêcher d’imaginer un éclat sanguinaire sur les murs, et le gargouillement doux d’une gorge transpercée.  

« Des pas ! » Elle avait tout juste le temps de se serrer contre le mur, quand la porte s’ouvrit lentement. Une main ridée pénétra les ténèbres sous la lumière maladive des halogènes. « Aha ! » un homme s’exclama, sa voix rauque et fumante. Il empoigna la vadrouille avec joie, puis ferma la porte derrière elle. Le roulement infernal recommença avec ferveur, avant de s’effacer au loin.

« Haaah… évidemment, c’était le concierge, » Tess se permit de soupirer après quelques minutes d’attente supplémentaires, essuyant ses sueurs froides en sortant du placard. Ayant perdu toute envie de chanter pour cette soirée, elle s’empressa de retourner prendre sa caméra avant de rentre au dortoir. Dans sa hâte, Tess n’avait pas remarqué la nouvelle flaque d’eau sur le plancher.

Elle glissa dessus, puis d’un cri strident fit de l’aquaplanage jusqu’à la salle de musique. Son bras gauche, tendu devant elle en guise de protection, pulvérisa l’étroite fenêtre de la porte pour émerger de l’autre côté dans une pluie de verre. Il ressemblait à une monstruosité en fer forgé provenant de la bouche même des enfers, se tordant au milieu des gémissements de Tess, qui s’était carrément manger une porte au visage.

« Uuuuuuh... aaaah... J'ai mal, j'ai mal... »
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