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Unleash the beasts
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 :: Périphérie - Monde :: ◄ Galway - Ouest
MessageSujet: Unleash the beasts Dim 18 Juin - 23:24
Il f’sait d’plus en plus chaud, la saison des touristes commençait et ça signifiait qu’s’tait l’temps idéal pour se remplir les poches à nouveau. Maša sortait plus souvent et fallait dire que d’puis son relooking qu’j’lui avait fait, elle f’sait fureur. Elle avait beau être dans la quarantaine ça l’avais rajeuni d’au moins 10 ans… qu’elle r’gagnait bien vite une fois totalement shooter. Il était tard, on avait fini chacun notre boulot et j’d’vais la r’joindre dans un p’tit parc pour r’tourner a l’appart’ment. J’avais tout’fois été r’tarder et j’savais d’ja dans quel état j’allais la r’trouver. Elle avait amplement eu l’temps d’se rejoindre sa bande de droguer. J’priais quand même pour qu’ce soit pas l’cas, mais j’tais pas du genre à m’faire des illusions.

Comme défaite, r’montant l’allée principale du parc, j’la vie à demi assise à demi couché sur l’banc parc, l’air absente, sa longue chev’lure brune frisotée et échevelée par sa nuit d’travail , sa minijupe d’cuir r’monter plutôt haut sur sa cuisse sans qu’elle s’en préoccupe. À l’inverse, son veston d’cuir par-dessus sa camisole bien décolletée au motif léopard pendait sur ses maigres épaules nues.

J’posai sur elle un r’gard déçu qu’elle capta à peine, dirigeant un vague sourire vers moi.

« Qu’est-ce que j’vais faire d’toi? On d’vait rentrer à pied, y’a plus l’transport en commun à cette heure! T’arrive à te t’nir? Parce que j’sens qu’le taxi m’laiss’ra pas te trainer n’importe où dans s’t’état. J’vais passer pour quoi encore… Et tu veux que j’dise quoi à Aleks!?»

Un p’tit rire nerveux s’échappa d’ses lèvres cocaïné, alors que j’m’approchais d’elle pour la rel’ver et évaluer la chose, mais sa démarche n’avait rien d’sûr et elle préférait s’appuyer contre moi. J’la rassis de nouveau, prenant place à ces côtés et passant mes mains sur mon v’sage, découragé. Les r’tirant, j’constatai qu’elle s’tait rapproché, tentant d’aller glisser sa main derrière ma nuque pour s’étirer et m’embrasser, mais s’arrêtant à mi-chemin pour déposer sa tête sur mon torse, probablement trop étourdit.

« Je n’aime pas la voir ainsi. Que vas-tu dire à sa fille ? Pauvre enfant… »

« Rien, j’vais coucher la mère et Ina ou Moreen s’occuperont de préparer Aleks pour l’école d’main. J’vais leur dire d’empêcher Maša d’sortir comme ça d’vant elle. »

J’attrapai brusquement sa main et la r’tirai d’mon cou.

« Les baisés t’aideront pas. Ç’pas drôle. »

Mon ton autoritaire sembla pas l’impressionner et elle tenta tant bien qu’mal d’s’installer à califourchon sur moi. Si j’avais pas été aussi en colère, la voir faire aurait sur’ment été marrant. J’la maint’nu pour lui éviter d’tomber alors qu’elle sembla prendre ça comme l’acceptation d’mon sort entre ses mains.

« J’suis paumé. »

Elle m’lança un r’gard noir et leva son poing, puis son index à quelques centimètres d’mon visage.

« Pas…un problème la dernière fois. », répondit-elle faiblement.

« Ouais. Une grosse erreur d’ailleurs. Et là, j’suis crevé et t’as l’haleine à l’odeur cumulée d’tes derniers clients. S’dégueulasse. »

« Cruel Mircea…tu tu….es pas mieux. Tu m'trouves moche…? », m’demanda t-elle d’un ton plaintif à l’accent russe bien senti.

« Actuellement oui. Très moche. »

Très lentement Maša leva sa main pour venir la déposer sur mon visage, le poussant sur le côté. Le mouv’ment faisait si peu d’sens que j’compris rapidement qu’il s’agissait d’une « clac » échouée.

«S’tait quoi ça? Tu m’as claqué? Honteux. Tu peux faire mieux qu’ça. Et s’toi qui a d’mandé en passant! »

Vexé, ses traits se renfrognèrent. Cette femme forte, de caractère dev’nait vraiment une loque sous les effets d’l’héro.

« Con. », m’balança t’elle en allant réappuyer sa tête dans mon cou.

« Endors-toi pas. Faut rentrer. Si tu m’vomis dessus, j’te l’fait ravaler.»

J’me f’sais quand même pas d’illusion j’étais coincé ici pour quelques heures et j’allais d’voir m’battre avec elle pour qu’elle en r’prenne pas. J’tais habitué d’finir la nuit dans un parc. Maša moins. Mais dans son état elle s’en fichait sur’ment. L’manque d’réponses m’fit tourner la tête en sa direction pour constater son état végétatif et elle en profita malgré pour étirer lâch’ment la tête et m’donner un baisé. L’expression exagérément dégoutée que j’lui balançai en lui tendant une gomme, la fit rouler des yeux.

« Goûte… pas mieux…que s’que j’sens. »


J’attrapai son cache-œil déplacé et lui rabaisser légèr’ment pour cacher le trou qui était visible, ne manquant pas de le laisser claquer pour lui faire ravaler son commentaire. Elle ronchonna simplement puis, elle alla r’poser sa tête contre moi alors que j’l’entourai d’mes bras un moment, prenant l’temps d’sentir sa chaleur et sa respiration accélérée. Éventuellement, s’qui d’vait arrivé arriva, elle s’endormit contre moi et j’tais voué à soit l’amener à l’hôpital ou la trainer à l’appart’ment. Le premier choix était exclu pour le moment. Elle m’avait fait promettre.

« Oublie ta promesse. Elle n’est qu’un tas d’ennuis pour toi! Elle ne fait aucun effort pour s’en sortir seule! »

« Elle m’as pas vendu quand elle aurait pu. J’lui dois bien ça et j’la comprends d’en prendre. C’est pas facile tous les jours. Elle va y arriver. J’vais l’aider. »

« Eh bien moi je ne comprends pas! Pense à Aleks! Je sais que tu y penses tous les jours! Alors pense plus fort!»


Prenant une grande inspiration, j’penchai la tête vers l’arrière, m’écrasant un peu plus sur le banc et retirant le veston d’cuir d’Maša afin qu’elle n’ait pas trop chaud. J’me rappelais bien d’s’que ça f’sait et ma ch’mise blanche étais d’jà légèrement imbibé d’la sueur d’la prostituée qui dormait sur moi. L’parc était paisible, on entendait les insectes et on était dans un coin d’parc où y’avait pratique’ment aucun passant. Quelques ombres se dessinaient parfois un peu plus loin, jugeant certainement la vision qu’mon amie et moi projetions. « Pratiqu’ment » personne était l’mot.

« Hey! Mais r’gardez-moi ça! »

J’tournai vivement la tête et m’redressai en direction d’la voix. J’l’avais d’jà entendu, mais où. Pourquoi j’avais l’pressentiment qu’j’étais dans la merde.

« Mircea…c’est l’homme du bar. De ton boulot. Celui que tu as combattus. »

Aphrodite avait raison. J’avais perdu mon boulot quelques mois avant pour avoir défoncé la gueule d’un mec afin d’défendre Maša justement.

À la lumière d’un lampadaire, je pouvais à présent reconnaitre l’homme en question. Un blondinet à l’air fendant qui se croit tout permis parce qu’il a beaucoup trop d’argent.

« Si ce n’est pas mon barman préféré. Oups…non. Plus maintenant je crois? Ouais, je suis passé à ton boulot pour te rendre une petite visite et te présenter à mes potes. Ton patron m’as dit qu’il t’avait foutu à la porte. Je l’ai félicité évidemment, sinon j’l’aurais poursuivi lui et son trou à rat. Au lieu de ça il m’a dit que j’pourrais peut-être te trouver dans l’coin. Il ne m’a pas dit pourquoi exactement il me donnait pas d’adresse précise. Maintenant je comprends. J’pensais pas voir ce que j’ai vu par contre…Alors! C’est pour ça que tu la défendais hein! Je comprends mieux. Pour toi c’était personnel! »

J’entendis quelques ricanements de la part d’ses amis qui observaient la scène. Je secouai légèrement la brunette, en espérant qu’elle se tienne prête à toute éventualité, mais elle était toujours un peu dans les vapes quoique semblait commencer à comprendre que c’était un mauvais moment pour l’être.

J’vis six autres silhouettes se dessiner dans l’ombre, deux d’entre eux spécialement baraqué dont l’un des deux faisait son entrainement dans le même club que moi avant que j’entre à Immortalia. Boxeur de compétition assez talentueux et réputé pour être assez violent, j’savais qu’j’avais pas intérêt à m’attirer des ennuis pour l’bien d’ma collègue. Les autres, semblaient pas du même calibre, mais certains devait être également du genre à s’entrainer avec lui.

Le richissime trou d’cul s’retourna alors vers ce grand gorille pour lui expliquer les détails à lui, mais je savais que c’était aussi à mon intention.

« C’est lui l’mec qui m’a brisé l’nez.»

« Si c’est pas Shaw! »

« Vous vous connaissez? »

« Ouais… »

En effet, j’avais échangé quelques coups avec le mec en question l’emportant clairement parce qu’il m’avait sous-estimé et rapportant la gloire et les filles en même temps. Du genre rancunier, il avait jamais digéré ça. Clairement, il comptait régler ses comptes ce soir. Si c’était que contre lui, je pouvais m’en tirer. Quelque chose me disait que ce serait pas aussi simple comme il avait considéré notre combat « unfair » plutôt que d’assumer ses torts.

« Comme tu défends tes putes…pardon tes potes. Moi aussi j’défends les miens. Tu sais qu’il a dû se faire refaire le nez. C’est cher ça Shaw. Alors la moindre des choses est de le rembourser ou de payer l’équivalent autrement. »

Sous les rires niaise de sa bande, Ryann craqua ses jointures, connaissant pertinemment mes habitudes financières. J’avais les poches vide en permanence. J’avais néanmoins été payé chèrement ce soir, mais ce ne serait pas suffisant pour rembourser une tel opération et personnellement, payer ce fendant pour une erreur bien mérité m’faisait chier. D’un autre côté, la protection d’Maša comptais beaucoup plus que s’que j’avais pu gagner.

« Tu sais qu’j’ai pas assez. J’le sais aussi. Tu veux quoi? »

« Donne s’que t’as. J’verrai à s’que t’ais pas à avoir de chirurgie à faire après quelques coups comme c’est à demi payé. Fair enough? »

Le blondinet semblait s’délecter d’la situation et ça m’piquait au vif.

« D’quoi t’es fier p’tit con? D’te pointer avec six autres mecs pour menacer deux personnes sans défense et qui cherchent pas d’emmerdes? Si t’avais des couilles tu prendrais ta vengeance tout seul contre moi. »

Mon regard méprisant à son égard paru lui faire éclater son dernier neurone.

"Ne le provoque pas! Tu vas avoir des ennuis."

« Je m’en fou de son pognon Ryann! Défoncez sa belle gueule! Je vous paye pour le faire si vous voulez.»

"Pas besoin de le provoquer pour en avoir c'est un con."

Ça semblait être l’argument choc pour que le gorille oublie son semblant de fairplay et retourne à son état naturel sauvage. Pour ma part, je me levai prêt à me défendre, sauf que je voyais déjà le blondinet reluquer MA brunette.

« Tu la touches. Je te tue. Est-ce que c’est clair. »

Définitivement, c’était pas pour son charme, vu son état, alors je soupçonnais le prétentieux de simplement la vouloir pour faire valoir son point et l’humilier elle et moi. Ce que je trouvais complètement écoeurant.

Encerclé par la bande qui n’avait pas attendue pour attaquer un à un évidemment, cela pris peu de temps avant qu’on se mette à me taper dessus à répétition, mais s’fut l’coup d’Ryann dans mes côtes qui me mirent au sol rapid’ment.

« Eh bah Shaw…qu’est-ce qui s’passe? Ah oui! Le magnifique Ethan Shaw, revenu de vacances d’été avec des côtes brisées et poignardées. Je me rappelle les filles étaient toutes impressionnés hein! Elles le seraient peut-être un peu moins en sachant que ta vantardise vient de te couter ta victoire et ta jolie gueule. Encore sensible à ce que je vois. »

En effet, c’était guérit, mais j’avais gardé une sensibilité vu la gravité de la blessure. Deux des hommes me redressèrent en m’retenant pour m’éviter d’riposter alors que Ryann prenait son pied à m’frapper au ventre avant de me décrocher une bonne droite sur la mâchoire. De son côté, les ronchonnements de mon amie et ses plaintes me confirmaient ma crainte. Elle se défendait, comme la tigresse qu’elle était, mais ses coups aussi faibles que ceux qu’elle m’avait octroyés un peu plus tôt ne valaient pas grand-chose. Je tentais d’avoir le visuel sur elle je n’y arrivais.

« Stop! », soufflais-je.

Ryann s’était arrêté surement pour m’écouter me plaindre avec un peu trop de plaisir, mais j’en profitai pour lui donner un bon coup d’pied pour le déséquilibrer, sa garde étant baissée. J’réussi à m’défaire de l’emprise des deux autres, dont un qui s’mérita un coup de genou dans le ventre avant que j’m’élance vers la brunette défonçant le nouveau nez d’celui qui essayait d’la tripoter. Je frappais, encore et encore avec une rage tel que je n’en avais pas senti depuis longtemps. Le sang sur le visage du mec, mon propre poing et ma chemise pouvaient en témoigner. Ce fut Ryann qui me rattrapa par le collet pour me tirer vers l’arrière brusquement. J’tombai au sol, déséquilibré, mais me rel'vai rapid’ment. Maša quant avait glissée au sol et tendait la main vers une silhouette qui se dessinait dans la pénombre avant d’répandre le cont'nu de son estomac sur le sol.


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MessageSujet: Re: Unleash the beasts Jeu 17 Aoû - 20:21

 

Doctor, again

feat ~ Hélène/Ethan Shaw


C'était quoi c'boucan ?

Fronçant les sourcils, j'préférais me cacher la tête sous la couette en espérant atténuer le son. C'n'était que quelques secondes plus tard que j'réalisais que la mélodie venait de sous mon oreiller. Finissant par faire le lien, j'comprenais que c'était mon réveil. Joie. Soupirant, tâtonnant sous mon oreiller pendant quelques secondes, j'réussis à trouver mon téléphone. Plissant les yeux face à la lumière trop vive à mon goût de l'écran, j'finissais par parvenir à couper l'alarme. J'passais une main sur mon visage, essayant d'effacer les traces de sommeil pour pouvoir voir quelle heure il était.

3h15.

Trop tôt.

J'laissais tomber de dépit mon cellulaire sur mon coussin. J'luttais pour n'pas me rendormir, essayant de me souvenir pour quelle raison j'avais mis un réveil aussi tôt. Devait avoir une raison, me connaissant. La réponse me vint quand j'finissais par réaliser que j'n'étais pas dans ma chambre, à Immortalia. Bien réveillée pour le coup, j'analysais la pièce. Murs blancs, j'étais apparemment dans un salon au vu de la déco et... On étaient bien une vingtaine dans la pièce. Des bouteilles d'alcool - vides -, gobelets, nourritures et confettis jonchaient le sol... J'pouvais en conclure qu'il y avait eu une fête. Et pas n'importe laquelle, puisque ça venait de me revenir que c'était l'anniversaire de Grace. Et que j'avais pas eu le choix de venir.

J'devais me casser au plus tôt avant qu'ils émergent.

Ni une, ni deux, j'étais debout. J'fermais un instant les yeux, prise d'un léger vertige. Ça passait assez vite, j'n'avais pas beaucoup bu - très bon point. Après la douleur disparue, j'prenais mon téléphone pour y revoir l'heure. J'avais perdu quelques minutes. J'glissais mon portable dans ma poche et me mettais en quête du reste de mes affaires. C'qui n'était pas si simple lorsqu'elles étaient éparpillées aux quatre coins de la salle et qu'en plus de ça, j'devais faire gaffe aux cadavres humains ronflants étalés partout. Au bout de longues minutes (parce que j'arrivais peut-être encore à marcher droit, mais j'n'étais pas des plus fraîches non plus), j'avais terminé de rassembler mes affaires. Après une dernière vérification (et après avoir dit à Brigid d'arrêter de se foutre de ma gueule), j'm'apprêtais à sortir. Sauvée. Croyez-le ou non, mais au moment même où j'allais refermer la porte, une voix s'éleva.

- Gwen.


Mon premier réflexe fut de jurer intérieurement. J'n'avais pas le choix. J'me retournais lentement, avec réticence, prête à affronter mon destin. Il prenait la forme d'une jeune femme, petite, blonde, adossée à un mur et seulement à demi-réveillée. Grace. Un délicat sourire étirait ses lèvres, tandis qu'elle levait une tasse fumante au niveau de son visage. "TeaTime", d'une façon stylisée, était écrite sur le mug, que j'reconnaissais comme étant le cadeau que j'lui avais fait.

- Merci pour le cadeau.

J'restais sans réagir pendant quelques secondes, avant qu'un sourire apparaisse à mon tour sur ma bouche. Elle avait réussi à peindre un sourire sincère sur mes lèvres. J'hochais la tête, n'ajoutait rien et fermait la porte.

Ça n'avait pas été si mal.



*

J'remplissais mes poumons de l'air frais une fois dehors, appréciant trop bien d'être seule. Pour l'heure qu'il était, la température était, pour une fois, très agréable, et j'n'avais pas besoin de rajouter de veste par-dessus ma chemise en mousseline noire. Il y avait du bien à l'été, quand même. La rue était tranquille, juste un chat passant par là. J'levais la tête, appréciant la nuit étoilée avant de me mettre en route. J'passais souvent dans ce coin, et depuis le temps, connaissaient pas mal de raccourcis. Ainsi, c'est pour ça que j'bifurquais et prenais le chemin du Eyre Square, les mains dans les poches, tandis que j'argumentais mentalement contre Brigid mon comportement envers Grace. Bien sûr, j'n'aurais pas pensé qu'en prenant ce chemin, j'tomberais sur une merde telle qu'une baston. C'n'était pas comme si j'avais besoin de ça en plus.

J'm'arrêtais avant d'être trop proche de l’agitation, et surtout pour m'assurer que j'm'imaginais pas quelque chose. Tendant l'oreille, et reconnaissant le crissement de chaussure contre les graviers, le bruit des coups, des râles, gémissements, me confirmaient bien que j'avais eu raison. Triste. Ils n'auraient pas pu choisir un autre endroit, sérieusement ? J'poussais un gros soupir, ma fatigue me retombant d'un coup dessus. J'tournais la tête derrière moi, sur tout le chemin que j'venais de faire et dont j'n'avais pas la force de reprendre pour éviter le grabuge. J'me remettais de face, et décidais finalement de m'approcher encore un peu plus pour évaluer la situation. J'profitais de ce qu'il y ait un bosquet d'arbres m'apportant ombre et cachette pour n'pas être remarquée. J'haussais les sourcils face au spectacle sous mes yeux.

Un type, donc j'n'pouvais pas voir la tronche à cause de ses longs cheveux, s'faisait tabasser par une armoire à glace de 2 mètres, pendant que deux de ses larbins (j'imaginais) tenait la victime pour l'empêcher de se débattre. J'voyais 3 gars en plus regarder la scène sans bouger, appréciant la scène. J'notais tout de même quelques marques de coups sur certains ; l'autre avait su se défendre un peu. Mais ce qui attirait finalement toute mon attention, c'était un peu à côté, une pauvre nana qui tentait de se défendre contre un connard dont les intentions semblaient évidentes. Le job de la femme, au vu de sa tenue, n'm'échappait pas. Mais elle semblait être dans un drôle d'état, parce qu'une aucune force n'sortait à travers ses gestes. Droguée, peut-être, ça expliquerait la situation. Ce genre de violence ressortait toujours quand ça impliquait la drogue. Mes lèvres se plissèrent en une grimace, un sale goût me venant dans la bouche. Ça me faisait pitié.

J'déviais vivement mes yeux sur le dude seul, ayant repéré une soudaine agitation dans mon champ de vision. L'armoire à glace s'était retrouvée au sol sans que j'n'comprenne vraiment, et la victime se chargeait de se débarrasser des deux autres d'une secousse et d'un coup de genou bien placé. J'le fixais se jeter sur le blondinet, qui s'intéressait toujours à la femme, pour lui décocher un sacré poing, qui devait avoir pété le nez de l'autre au vu de la giclée de sang. J'me retenais de faire un hochement de tête approbateur. L'dude n's'arrêtait pas là et continuait de le rouer de coups avec une certaine force, j'devais l'admettre. Il était doté d'une rage puissante et qui n'semblait pas s'arrêter. Allait-il le tuer ? L'armoire à glace refit son apparition pour me répondre, choppant sa cible pour l'écarter brusquement du blondinet, qui se mettait à pleurnicher maintenant, prenant son nez à deux mains. L'dude tomba au sol mais se remettait debout rapidement, tandis que la bande se refermait lentement autour de lui. J'donnais pas cher de sa peau.

Mon attention avait été toute accaparée par l'combat, si bien que j'avais oublié la nana, qui me rappela bien sa présence en rampant vers moi. J'braquais brusquement mon regard sur elle, la remarquant enfin. Trop proche. J'n'osais pas bouger, hésitant sur mes actions à faire. Mais le fait qu'elle releva sa tête, vers moi, n'me laissa pas le temps d'y réfléchir. Je n'put m'empêcher de faire un pas en arrière, le corps crispé. J'avais été surprise : un cache-œil barrait son visage, et j'doutais que ce soit une question de style comme pour moi. Elle était flou - flou, par la drogue. Peut-être qu'elle n'm'avait pas vu, dans la pénombre, même si nos regards s'étaient assurément croisés. C'n'était pas dans mes habitudes de venir au secours des autres, et si ça se trouvait, c'était juste une de ces histoires qui avait mal tourné. P'tet qu'elle l'avait cherché et le type avec elle, aussi. C'était commun quand ça concernait la drogue. Mais cette main se levant, demandant de l'aide, me fit me sentir au plus mal. Même si j'plissais le nez, en la voyant vomir avec toute la classe du monde, j'sentais comme si mes jambes refuseraient de faire demi-tour.

- Je t'interdis de l'abandonner.

Elle avait rarement employé un ton aussi dur. J'sentais que si j'n'faisais rien pour aider la femme, Brigid serait capable de me posséder... Et j'n'avais pas la force actuelle pour la résister. J'préférais encore rester maître de mon corps. Ma décision prise, j'me concentrais pleinement sur la situation. Personne n'm'avait remarqué sauf la brune, les mecs trop occupés par leurs affaires. Tant mieux. J'reportais mon regard sur la femme, qui semblait avoir tourné de l’œil. Ça changeait pas grand-chose, une droguée ou une inconsciente. Soufflant lentement, j'm'avançais silencieusement jusqu'à sortir de l'ombre, à un pas de la brune.

C'était là que j'sentis mon portable vibrer dans ma poche. J'coupais ma respiration, m'empêchant de faire du bruit, et n'bougeais plus sous la surprise. Avant que j'n'puisse y penser consciemment, j'tentais de me saisir de mon cellulaire le plus vite possible. Il me restait très peu de temps avant qu'il n'sonne. J'le retournais rageusement dans mes mains, n'regardait pas le numéro et avant d'y réfléchir, décrochait. Mais c'était trop tard. Le début violent de ma sonnerie avait eu le temps de retentir. Loin d'être discret, bien sûr. J'écarquillais les yeux en voyant les types commencer à se mouvoir, traduction : se retourner vers moi. Sans y réfléchir, j'plaquais à mon oreille le téléphone. Une idée. Fallait une idée tout de suite !

J'croisais le regard de plusieurs d'entre eux, tous des sales tronches. Dans le même genre de ceux qui cherchaient la merde pour rien, me faisant penser que la nana et l'dude avait pas dû faire grand chose pour se retrouver dans cette situation. J'arrivais pas à voir l'dude, d'ailleurs, l'armoire à glace jouant beaucoup avec sa carrure. Il était vraiment grand...

- ... Je répète : allô ?

La voix de Grace à l'autre bout du fil me fit tout de suite redescendre sur terre. Me fallait une putain d'idée. Maintenant.

- Gwen ?

- Oui, police ? Ma voix était posée, comme si j'étais totalement indifférente à ce qui m'entourait.

J'penchais la tête sur le côté, scrutant en plusieurs détails la bande, jugeant leur gabarit. Surtout deux d'entre eux m'inquiétait légèrement. Le reste, j'pourrais m'en occuper seule, en prenant en compte que c'était sans doute des cons. On pouvait juger mon attitude comme une personne simplement ennuyée.

- Quoi ?

- J'aurais besoin de votre intervention. J'saisis pas totalement la situation, mais il y a une dizaine de type qui sont en train d'agresser un jeune homme... Une femme est au sol, elle parait mal en point également, elle ne bouge plus. J'posais mon regard, comme indifférent, sur la femme à mes pieds.

- Mais qu'est-ce que tu racontes ? C'est une blague, c'est ça ?

Ils ne pouvaient pas entendre les paroles de Grace. Seulement qu'une voix me répondait, et ça restait très crédible à ma supercherie. Au fur et à mesure du temps, j'en voyais s'agiter, se demander, s'inquiéter...

- Hum, hum, j'acquiesçais dans le vide. J'suis au Eyre Square. Oui, très bien. Merci. Faite vite !

- Gwen pu-

Et j'raccrochais. Pauvre Grace, elle avait pas eu de chance avec moi.

Naturellement, j'glissais de nouveau mon téléphone dans ma poche, y laissant ma main également. Détachée, décontractée. J'devais paraître comme ça. Pas devenir violente maintenant... Leurs seuls neurones ne comprendraient que ça, et ça mettrait le feu aux poudres. J'devais leur foutre le doute, la crainte. Ça n'bougeait plus, en face. Comme si tout avait été mis en pause, le temps que tout le monde essaye de comprendre ce qu'il venait de se passer. Il semblait que c'était trop compliqué, car j'voyais l'un d'eux gonfler ses muscles, se grandir pour paraître plus impressionnant, avant de faire un pas dans ma direction. J'n'lui laissais pas le temps de dire un mot, car c'était évidemment ce qu'il allait faire et j'avais plus de temps à perdre.

- Bon, j'imagine que vous comprenez dans quel genre de situation vous êtes, les gars. Mon ton toujours insensible sembla stopper l'autre dans sa tentative. Bien, reste tranquille. Les flics vont arriver d'ici quelques minutes, et vous n'aurez pas le temps de régler vos comptes dans ce laps de temps.

J'cherchais à croiser le regard de chacun pour voir l'évolution de leur peur. Les plus faibles semblaient n'pas apprécier la tournure de la soirée. Encore un coup de pouce ;

- D'ailleurs, si vous voulez pas être choppé, j'faisais semblant de regarder une montre à mon poignet, vous avez tout intérêt à vous casser maintenant. J'n'allais pas jusqu'à étirer un sourire, mais il pouvait être visible dans mon regard.

J’obtenais toujours pas de réelle réaction en face, et ça m'énervait. S'ils prenaient trop le temps, ils allaient vraiment se rendre compte que tout était faux. Là, tout de suite, j'aimerais éviter une bagarre, j'étais déjà assez crevée. Et j'voudrais bien pouvoir m'occuper de la femme. J'lui jetais  un discret regard, et n'remarquais toujours pas de signes signifiant que sa conscience essayait de remonter à la surface. Toute cette histoire me faisait décidément chier. J'me retenais de faire la grimace, il fallait garder une face inerte.

- Aucun souci vous arrivera si vous vous cassez maintenant. Vous le comprenez ça ? Putain, ils étaient débiles ou quoi ? Ma voix était plus dure, plus agressive, sans que j'ne le contrôle. À moins que vous aimiez vous retrouver chez les flics ? Alors là, no problem, ils seront ici dans très peu de temps, vous inquiétez surtout pas.

C'était à ce moment que le blondinet se mit à s'agiter. Il s'était tourné pour me voir, un doigts rageur pointé sur moi, gardant son autre main sur son nez, les yeux un peu fous et à baragouiner j'ne savais quoi. Il essayait de dire quelque chose, peut-être ? Ca paraissait un peu comme violent, mais j'ne comprenais rien. En plus du nez cassé, il lui manquait peut-être quelques dents.

J'penchais ma tête vers lui, mettant ma main derrière mon oreille, exagérant. J'avais toujours détesté du plus profond de mon cœur les hommes qui abusent des femmes.

- Quoi ? J'secouais la tête après une rafale de paroles. Comprend rien.

J'm'approchais de quelques pas, toujours dans la même position, me foutant bien de lui. Une fois proche de lui, assez pour pouvoir lui décocher un coup de pied, j'm'arrêtais et me penchais encore plus vers lui.

- Pardon ? J'le laissais s'énerver encore un peu. Articule, s'il te plaît.

Au lieu de quoi, il décida de cracher sur mes chaussures, atteignant légèrement mon pantalon. J'avais un peu de chance, tout était noir... J'serrais mes poings, gardait le regard fixé sur les dégâts causés par ce petit merdeux, et soudainement, c'était trop. Mes dents crissaient les unes contre les autres, un tic nerveux atteignait ma paupière. J'tentais de garder encore maîtrise sur moi-même, avant de remonter mon regard sur le blondinet. Il semblait toujours hurler pour ne rien dire. Le son de sa voix de ne m'atteignait même pas, j'voyais juste ses lèvres bougées, et le sang sur son visage. Puis j'réalisais.

- C'est pour ça !

Sans que personne puisse comprendre, j'm'accroupissais à côté du gars, ce qui lui fit se la fermer 3 secondes.

- C'est à cause de ton nez que t'arrives pas à parler, c'est ça ? C'était comme si j'm'inquiétais pour lui.

Avant qu'il n'puisse ouvrir de nouveau la bouche, j’empoignais son cou, et juste pour me défouler un peu, lui relevait la tête avant de la plaquer avec force contre le sol. Rien qui pourrait lui faire tourner de l’œil, mais assez pour qu'il se taise, trop occupé à se plaindre. J'ne le lâchais pas, maintenait bien sa tête. Ses mains n'me gênaient plus.

- J'vais t'aider. J'lui offrais mon sourire le plus froid.

Et avant qu'il n'puisse comprendre ce qu'il lui arrivait, dans un crack retentissant, j'replaçais son nez. Même moi, intérieurement, ça me faisait mal. Il poussa un cri à s'écorcher les cordes vocales qui n'me fit même pas grimacer. Il exagérait pas un peu ? Une vague de désapprobation de la part de Brigid me heurtait soudainement, me faisant facilement comprendre que j'n'avais pas intérêt à en rajouter sur le cas du blondinet.

Cette fois, et j'en étais heureuse, un grand mouvement de foule anima la bande de rigolos. Certains avaient fait un pas vers moi, d'autres dans l'autre sens. Des exclamations à tout va s'échappaient, d'où transperçait la colère, la peur... J'me relevais, ma face exprimant enfin mes sentiments ; de la colère. Le numéro du blond avait été la goutte de trop, maintenant, j'n'étais plus sûre de réussir à me contenir. J'jetais un rapide regard dédaigneux à celui-ci à cause d'un de ces énièmes gémissements. J'posais mon pied sur son torse pour l'arrêter, le faisant tousser à la place. J'relevais vivement ma tête au prochain mouvement de la bande.

- J'vais être très clair avec vous ! J'n'essayais plus de me contenir, ma frustration prenant le devant et ça semblait les surprendre assez pour qu'ils s'arrêtent et écoutent. Soit vous dégagez maintenant, et vous vous en sortez bien... J'laissais un silence comme transition, appuyant lentement mon pied sur les côtes du blondinet, pour le faire gémir plus fort, accentuant le sens de mes propos : soit vous restez ici, et j'vous jure j'm'occupe de vous avant que les flics rappliquent. Et ça ira très mal pour vous.



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