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Une bien triste étoile ~ [TERMINE]
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MessageSujet: Une bien triste étoile ~ [TERMINE] Dim 24 Déc - 17:10



Une bien
triste étoile






Numa s’arrêta en face du port. Elle regarda les bateaux laissés là. Certains étaient décorés de milles couleurs, tout comme le port et le reste de la ville. Toutes ces couleurs illuminaient la nuit au même titre que les étoiles dans le ciel.
Le lieu n’était pas bien animé. Normal pour le jour de Noël. Il n’y avait que les couples qui se voulaient romantique pour passer par ici. Les autres devaient se promener au centre ville pour entendre les chants de Noël, boire thé fumant, danser sous le géant sapin.
La jeune française soupira et regarda l’horizon. Le soleil déclinait par delà l’océan. Son reflet étincelant était présent dans l’eau et semblait animé par les ondulations des vagues. Les nuages aux milles couleurs dansaient près de cette étoile brulante, l’accompagnant dans son cheminement.

Pour ce soir Numa s’était apprêtée. La jeune fille aux cheveux d’ébènes avait mis sa plus belle robe. Un tissu de satin d’un noir aux reflets argentés tirant vers le bleu nuit lui arrivant en-dessous des genoux. Il y avait des motifs floraux aux bas de la robe d’un blanc pur. Le décolleté de la robe était en carré mais descendait en dos nue. Les manches étaient faites de dentelles dont les motifs n’étaient présents qu’aux avant-bras. Elle avait mis des collants de laine noire à motifs du même type que la robe, et de ravissantes bottines à talon. Le tout accompagné de son grand manteau noir à fourrure d’un confort sans égale.
Son père lui avait offert cela pour ses 16 ans, auquel il ne pouvait assister. Il était comme ça, son père. Il la couvrait de cadeaux pour combler ses absences. Et plus son absence était impardonnable, plus le présent était couteux.
Ses 16 ans, c’était aujourd’hui. Le 24 décembre 2017.
Pourquoi mettre une robe pour que personne ne puisse l’admirer ? Bonne question.

Pourtant elle était si jolie dans sa robe de velours qui se confondait avec ses cheveux de jais. Sa peau ne lune s’en ressortait qu’embellie. Pour ce soir, elle avait tressé ses cheveux la veille pour les avoir ondulés. Elle les a attachés en chignon bas à l’aide d’une tresse partant sur le coté et de son ruban qui ajoutait de la couleur dans ses cheveux. Elle avait dégagé sa mèche, ainsi son regard complet était visible sur son visage de poupée.
Ses joues arrondis par sa jeunesse, et ses traits si fins, lui donnaient ce coté angélique et cette innocence que peu de personne percevait à travers son rideau de files d’ébènes. Une beauté singulière que même elle ignorait.
Elle était méconnaissable et si belle que l’on pourrait croire qu’elle se rendait à un mariage.

C’était presque ça.
Aujourd’hui, Numa allait voir sa mère.

Avant de se retrouver au port, Numa avait marché toute la journée dans Galway, passant par les pâturages pour caresser les animaux, le cimetière pour déposer des fleurs aux tombes qui n’en avait pas, et la cathédrale pour prier ceux qui sont partis. La jeune fille avait allumé un grand cierge pour sa mère. C’était la seule fois où elle avait besoin de croire que le paradis existait et que quelque part, là-haut, sa mère veillait sur elle.
Maintenant la voilà au port, à regarder le soleil disparaitre de Galway.

Pour cette journée remplis de tristesse, Gõu avait totalement disparut dans les pensées de Numa. Il lui avait fais milles compliments sur son élégance ce matin avant de se taire sur la demande de la jeune lycéenne. Aujourd’hui elle ne voulait pas entendre parler de divinité. Et l’esprit du chien respecta son choix. Pour aujourd’hui.
Ce n’était pas la première fois que son père se confessait en excuses. Mais c’était la première fois qu’il la laissait pour son anniversaire. Ainsi, même si le doux visage de la demoiselle n’exprimait rien, son âme saignait doucement et tristement.
Ce n’était pourtant pas une mauvaise personne, c’était loin d’être un mauvais père. Il avait fait ce qu’il pouvait pour l’élever et qu’elle ne manque jamais de rien. Mais Numa ne désirait ni or, ni gloire, juste son père à ses cotés. Elle n’avait que lui, il n’avait qu’elle, et pourtant elle avait l’impression qu’il faisait tout pour la repousser loin de son cœur.

Sur les pavés humides du port, toutes les pensées de la demoiselle aux yeux varions allèrent à sa mère. Mère qu’elle n’avait pas connut, qu’elle aurait aimé connaitre. C’était si injuste qu’elle ait donné sa vie pour sa fille. Une fille qui n’avait pas autant goût à sa propre vie. Une vie qui ne semblait pas avoir de sens. Un sens opposé aux autres. Des autres qui la poussaient à détester son existence.
L’expression neutre de la jeune française se changea peu à peu pour celui d’un visage triste et mélancolique. Dans un murmure à peine audible, Numa se prononça. Elevant sa voix douce et claire vers le soleil fuyant, dans sa langue natale :

_Maman … m’entends-tu là-haut ? Depuis toujours je t’appelle. J’essaye de te rendre fière, de ne pas te décevoir. Mais il m’est si difficile de comprendre les autres. Encore aujourd’hui, alors que certains sont comme moi, possédés, et pourtant je les trouve si différents …

Le soleil offrit ses derniers rayons avant de disparaitre dans l’immensité de l’océan. Le ciel était encore rougeâtre mais la chaleur de l’étoile venait de quitter Galway.
Le cœur fragile de la demoiselle se serra davantage et elle se laissa aller. Peu à peu, ses ongles, ses dents, ses oreilles se changèrent et une queue lui poussa. La transformation était douloureuse, elle avait l’impression de suffoquer, mais ce n’était rien en comparaison de ce que ressentait Numa à cet instant devant ces bateaux. C’était un sentiment qui faisait terriblement mal, une douleur indescriptible qui lui dévorait son cœur et tout son être. Même si elle était invisible vue de l’extérieur, c’était une douleur bien réelle.

La jeune fille sortit de la poche de son manteau une photo. Celle de ses parents avant sa naissance. Ils étaient si beaux tous les deux, si amoureux. Même si elle ne voulait pas se l’avouer, Numa avait le visage de poupée de sa mère. Elle avait hérité de la peau pâle et les cheveux de jais de son père. Cependant, son œil bleu venait bien de sa mère. Un beau bleu aussi rayonnant qu’était cette défunte femme. Elle était si belle avec ses longs cheveux châtains aux reflets roux, parfois blond, ses joues rosés et son doux sourire qui ne pouvait que faire fondre les cœurs les plus froids. Et son père ne cessait de répéter qu’elle était aussi pétillante que le soleil, joyeuse, souriante, aimée de tous.
Ce que n’était pas le cas de Numa. Numa était d’avantage comme la lune. Calme, froide. Certain en avait peur. D’autre non. Pourtant elle ne demandait qu’à s’ouvrir aux autres, être comme le soleil.
Numa vint caresser du bout des doigts l’image de sa mère. Son visage afficha une tristesse plus profonde encore.

_Parfois … je suis fatiguée d’être courageuse … et … j’aimerais que tu viennes me chercher …


La jolie brune leva la tête et regarda le ciel, les yeux loin de ce monde, quelque part dans les étoiles. Sa mère la regardait, n’est-ce pas ? Elle pouvait l’entendre, c’était certain.
Dans le vent froid de décembre, sa douce voix commença à s’élever et elle se mit à chanter, lui faisant reprendre peu à peu forme humaine :




Quelques des rares passants s’étaient arrêtés pour écouter la jolie voix de la demoiselle malgré cette langue qui leur était étrangère. Dans la pénombre, personne ne pouvait distinguer ses oreilles de chien dressées et sa queue qui dépassait de sa jolie robe, le tout disparaissant progressivement. Mais cette chanson semblait si triste pour un Noël et pour être écouté malgré la voix ravissante et apaisante de cette brune tournée vers le ciel. Ces mêmes passants continuèrent leur route avant la fin de la mélodie, espérant passer de bonnes fêtes auprès de leur proche.
Les yeux de la jolie française devinrent humides, mais une larme unique s’évada de son œil d’un bleu printanier. Elle roula le long de sa joue blanche et termina sa course sur le pavé qui formait le port.

Numa se sentit fléchir et alla s’asseoir sur le ponton pour ne pas tomber, reprenant son énergie. Elle prit une grand inspiration lorsque ses griffes disparurent finalement, comme si elle avait manqué de se noyer.

Assise, elle se recroquevilla sur elle-même, empoignant ses épaules.
Non elle n’allait pas pleurer. Elle lui a promis d’être forte. Si elle pleurait maintenant, elle ne pourrait plus s’arrêter. Et pourtant, elle se sentait si triste. Abandonnée.
L’esprit du chien allait se manifester, voulant la consoler comme il le pouvait en vu de sa condition, mais Numa se recroquevilla d’avantage, sentant sa présence dans sa tête. Elle le repoussait une fois de plus. Mais il pouvait comprendre pourquoi. Son coeur était bel et bien perdu en cet instant.

Numa avait l’impression que cette nuit était plus sombre et plus froide que les autres. Comparable à la veille où elle monta sur ce fameux toit.
Elle n’entendait rien, ne voyait rien. Comme enfermée dans une cage obscure, dans une cave, à mille lieux sous terre. Un lieu où personne ne peut vous entendre, personne ne peut vous voir, savoir que vous êtes là. Un lieu si sombre qu’il ne laisse pas entrer le moindre éclat de lumière, ni même le moindre son. Un lieu sans odeur, sans saveur, où on ne peut même pas sentir son propre corps, entendre sa propre voix. Rien. Comme flotter indéfiniment dans le vide. Rien que de la tristesse, de la solitude. Dans un vide où personne n’ira vous chercher …

Numa finit par ouvrir les yeux, ses larmes coulant sans retenus sur ses joues froides.
Comment pouvait-elle prétendre évoluer si elle ne faisait que pleurer ? Lorsque ce ne n’était pas ses yeux, c’était son cœur qui le faisait. Elle n’était pas forte. Elle était aussi fragile que du cristal. Et à force de la fissurer, elle allait s’écrouler en milliers de petits morceaux, irréparable.

Numa se pencha au-dessus de l’eau, ses larmes allant rejoindre l’étendu de l’océan. Il faisait noir à présent, et elle ne pouvait pas voir son reflet. Un bien triste reflet pour un soir de Noël. Mais les yeux varions de l’adolescente furent attirer par un délicat mouvement au dessus de l’eau.

La jeune fille leva la tête vers le ciel. D’immenses flocons vinrent atteindre son visage de poupée humide de larmes.
C’était si beau … et si froid … ça ne faisait aucun bruit, c’était d’un blanc pur. Le cœur de Numa s’apaisa petit à petit à la vue de ces petites boules blanches qui tombaient de ce monde céleste. Elle avait l’impression que sa mère avait entendu sa tristesse et venait la consoler. Numa ferma les yeux un long moment. Ses larmes cessèrent de couler et son cœur se desserra doucement. Elle porta une main à sa poitrine.

_Je suppose … que l’on se reverra en temps voulu …

La française se leva et commença à marcher vers le pensionnat. Il ne fallait mieux pas manquer le couvre feu.
Lorsqu’elle arriva devant le grand portail de son nouveau foyer, Numa s’arrêta un moment et regarda le bâtiment. L’humidité sur ses cheveux les lissa doucement et sa mèche retomba sur son œil droit. Finalement, rien n’avait changé. Rien ne changera peut-être jamais.

Demain elle reprendra sa petite vie de lycéenne, seule. Elle lui écrira, à lui, et à son père. Peut-être à sa tante aussi. Elle continuera de dessiner les beautés de la ville. Alternant promenade, atelier, lecture. Parfois elle ira faire de la pâtisserie, de la couture, ou du sport, sans un mot pour les autres adolescents. Seule.
Enfin … plus vraiment seule avec Gõu. Mais celui-ci n’était pas matériel. Il ne pouvait lui tenir la main, la prendre dans ses bras, lui caresser les cheveux en la laissant pleurer sur son épaule. Il était seulement dans sa tête, comme un ami imaginaire. Et si elle avait envie de se jeter du haut d’un toit, il ne pouvait pas venir lui tendre la main pour l’arrêter.
L’esprit du chien resta muet face aux pensées si tristes de son hôte. Que pouvait-il lui dire ? Elle avait raison. Il ne pouvait rien faire que forcer ses jambes à quitter le toit. Il ne pouvait lui prendre la main que par sa propre main. Jamais elle ne pourra pleurer contre lui pour se réchauffer le cœur. Malgré tout ça, il espérait tout de même que sa présence, bien que spirituel, empêchait l’âme si fragile de sa jolie française aux cheveux d’ébènes, de se briser en milles morceaux.
La demoiselle soupira et s’adossa au portail, regardant la fine couche de neige se former sur le pensionnat. Le visage enfouit dans son manteau, les yeux clos, elle murmura comme un songe :

_Joyeux Noël … Gõu …

*Bon anniversaire, ma petite louve. Garde espoir. Ta vie a changé dès que tu as mis les pieds dans la salle 3.4. Elle ne cessera jamais de changer. Et je serais très fière de ce que tu deviendras.*


-FIN-

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